‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 131 sur 154 · Au comte de Rocliefort, M nvril · texte numérisé non relu

Au comte de Rocliefort, M nvril

M. de Voltaire... qui s'est toujours annoncé comme élevé au-dessus des respects humains, eût été capable de trahir et de dissimuler ses sentiments par un acte d'hypocrisie qui suffirait seul pour ternir toute sa gloire et pour l'avilir aux yeux de toutes les personnes qui pensent^... »

Dans sa réponse hautaine à l'é vèque d'Annecy - , Voltaire se révèle en toute son hypocrisie : « Je ne mérite pas assurément les compliments que vous voulez bien me faire, de même que je n'ai jamais mérité les calomnies des insectes de la littérature... Je dois méprise)' les impostures, sans pourtant haïr les imposteurs. Plus on avance en âge, plus il faut écarter de son cœur tout ce qui pourrait Vaiqrir ; et le meilleur parti qu'on puisse prendre contre la calomnie, c'est de l'oublier... Chaque homme voit que tous les petits incidents qui peuvent troubler cette vie passagère se perdent dans l'éternité et que la résignation à Dieu, l'amour de son prochain, la justice, la bienfaisance sont les seules choses qui nous restent devant le Créateur des temps et de tous les êtres. Sans cette vertu... l'homme n'est que l'ennemi de l'homme ; il n'est que l'esclave de l'amour-propre, des vaines grandeurs, des distinctions frivoles, de l'orgueil, de l'avarice et de toutes les passions... Je m'anéantis avec vous devant Dieu... »

Assez réussi, mais peu connu jusqu'ici. Voltaire prédicateur ! Un honnête homme, loyal, qui croit à la bonne foi d'autrui et ne cherche pas à sonder les intentions, ce qui n'appartient qu'à Dieu, peut se prendre facilement à ini tel langage; mais quand celui qui parle comme Voltaire

1. Voyez lu belle lettre de révêqlie irAiniecy, (ifiiis Beiicliut Œuvres de Voltaire, tome LXV, p. 30-53.

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