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à un évèque s'adresse à un sophiste impie, ce langage est le seul vrai, le seul à l'évidence et à la sincérité duquel il faut s'en tenir. Or voici ce qu'écrivait dans l'intimité à d'Argental un de ses anges, M. de Voltaire, seigneur de Ferne)' et autres lieux : «Mon divin ange, mes raisons pour avoir changé matable ouverte contre la sainte table pourront ennuyer un excommunié comme vous; mais je me crois dans la nécessité de vous les dire. Premièrement, c'est un devoir que j'ai rempli avec M™'^ Denis une fois ou deux, si je m'en souviens bien *.
« Secondement, il n'en est pas d'un pauvre agriculteur comme de vous autres seigneurs parisiens... Je me trouve seul de ma bande contre deux cent cinquante consciences timorées ; et quand il n'en coûte quune cérémonie pi'escrite par les lois pour les édifier, il ne faut pas s'en faire deux cent cinquante ennemis.
« Je me trouve entre deux évêques qui sont du xiv" siècle, et il faut hurler avec ces sacrés loups -. »
Ces plaisanteries sacrilèges. Voltaire les ressassait bientôt après pour son ami Dalembert ^ : « Ma dévotion ne me permet guère d'examiner avec complaisance les épigrammes bonnes ou mauvaises contre mon prochain. Je sais qu'il y a des gens qui s'avisent de dire du mal de mes pâques ; c'est une pénitence qu'il faut que j'accepte pour racheter mes péchés. Le monde se plaira toujours à dénigrer les gens de bien et'à empoisonner leurs meilleures actions... J'aime à remplir tous mes devoirs; je n'admets plus aucunplaisir profane; j'ai purifié
1. Sa mémoire lui faisait ici défaut, de propos délibéré; Car deux jours avaut sa lettre à d'Argeutal il écrivait (20 avril) au comte de La Touraille : « Je fais mes pâques tous les aus. »