janvier
o. 23 janvier 1778.
qu'il dit à ce propos tient au désir immense qu'il avait depuis si longtemps de revoir Paris et de donner sur le théâtre français sa tragédie d'Irène. « Personne n'est jamais mort plus singulièrement que moi; tout ce que je demande, c'est qu'on ne me fasse pas mourir ce Carême et qu'on attende le jour de la Quasimodo. » Et puis Harpagon se redresse par un suprême effort : « Je perds mon bien, la santé et la vie *. » C'est le «ma cassette ! » de Molière.
Enfin l'espoir d'un retour tardif à Paris a pointé à l'horizon. « Vous me parlez de voyages : vous m'attendrissez et vous faites tressaillir mon cœur. Mais j'ai bien peur de ne faire incessamment que le petit voyage de l'éternité.
« Franchement je suis pénétré de reconnaissance pour... ce que vous me proposez. Je vous dirai même que j'en profiterais vers la Saint-Jean ou même vers la Quasimodo geniti infantes, si j'étais en vie dans ce temps-là -. »
Enfin, le 11 février, après un voyage de cinq jours, Voltaire arrive àParis. Au bout de quelques jours , un saint prêtre, l'abbé Gaultier , poussé du même zèle que l'évêque d'Annecy pour le salut de Voltaire , écrivait au vieillard brisé par l'âge et la fatigue d'un si long voyage : «Beaucoup dé personnes, monsieur, vous admirent; je désire, du profond de mon cœur, être de leur nombre ; j'aurai cet avantage si vous le voulez, et cela dépend de vous. Il en est encore temps ; je vous en dirai davantage si vous me permettez de m'entretenir avec vous... Je prierai, avec le plus de ferveur qu'il me sera possible, le Dieu juste et miséricordieux pour le salut de votre âme