‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 135 sur 154 · A M. de Vailles, 2 février · texte numérisé non relu

A M. de Vailles, 2 février

iinmoi'tt4k', qui est peut-être sur le point d'être jugée sur toutes ses actions ^.. »

Dès le lendemain, Voltaire répondait au digne prêtre : « Votre lettre me parait celle d'un honnête homme ; et cela me suffit pour me déterminer à recevoir l'honneur de votre visite le jour et les moments qu'il vous plaira me la faire. Je vous dirai la même chose que j'ai dite en donnant la bénédiction au petit-fils de l'illustre et sage Franklin ; je ne prononçai que ces mots : Dieu et la liberté. Tous les assistants versèrent des larmes d'attendrissement. Je me flatte que vous êtes dans les mêmes principes.

« J'ai quatre-vingt-quatre ans, je vais bientôt paraître devant Dieu, créateur de tous les mondes... « J'ai l'honneur d'être, etc.

Le malade reçoit l'abbé Gaultier, et une première visite parait s'être assez bien passée, si nous en jugeons par le billet suivant que Voltaire adresse ^ à l'abbé Gaultier :

a Vous m'avez promis, monsieur, de venirpourm'entendre : je vous prie de venir le plus tôt que vous pourrez.

Puis bientôt les préoccupations du théâtre saisissent de nouveau le vieillard : « Pardon, mon cher ange, ma tête de quatre-vingt-quatre ans n'en a que quinze; mais vous devez avoir pitié d'un homme blessé qui crie, ne pouvant parler. Songez que je meurs, songez qu'en mourant j'ai achevé Irène^ Agathocle, le Dirait du seigneur et fait quatre actes cVAtrée ^. »

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