‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 136 sur 154 · Mars · texte numérisé non relu

Mars

Cependant, sur l'éloge que le marquis de Villette avait fait du curé de Saint-Sulpice à son hôte, Voltaire ré' clame * les soins du vénérable pasteur, qui s'empresse de lui répondre. « Tous mes paroissiens ont droit à mes soins, que la nécessité seule me fait partager avec mes coopérateurs... ))

« Mon ministère ayant pour objet le vrai bonheur de l'homme, en dissipant par la foi les ténèbres qui offus- ({uent sa raison et la bornent dans le cercle étroit de cette vie, jugez avec quel empressement je dois l'offrir à l'homme le plus distingué par ses talents ^.., »

Malgré la sollicitude de l'abbé Gaultier et les visites du curé de Saint-Sulpice, Voltaire ne se décida pas à remplir ses devoirs religieux ; il devait mourir comme il avait vécu : d'ailleurs les frères et les anges qui l'entouraient mirent tous leurs efforts à l'empêcher de faire le plongeon, comme ils disaient dans leur langage.

Dès le l*"" avril, Voltaire, après deux terribles accès, se trouvant mieux et dans un calme relatif qui était le précurseur de la crise finale, s'empressa d'écrire à Frédéric :

« Si je n'ai pas eu l'honneur de vous écrire depuis longtemps, c'est que j'ai été occupé d'éviter deux choses qui me poursuivaient dans Paris, les sifflets et la mort.

« Il est plaisant qu'à quatre-vingt-quatre ans j'aie échappé à deux maladies mortelles. Voilà ce que c'est que de vous être consacré : je me suis renommé de vous, et j'ai été sauvé ^. »

Toujours la bouffonnerie!... Et combien lamentable

{. Au curé de Saint-Sulpice, 4 mars 1778.

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