‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 137 sur 154 · avril · texte numérisé non relu

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dans les circonstances où se trouvait Voltaire ! Cet homme craint encore plus les sifflets que la mort, et il attribue le répit que le ciel lui donne aux vertus et aux mérites du roi de Prusse. La lettre continue sur ce ton de plus en pluslibre-penseur. Le malade se réjouit de ce que — dans une tragédie toute récente — la mémoire des empereurs Constantin et Théodose ait été vilipendée et qu'ils aient été traités comme des tyrans superstitieux, a J'ai vu — ajoute-t-il — vingt preuves pareilles du progrès que la philosophie a fait enfin dans toutes les conditions. Je ne désespérerais pas de faire prononcer dans un mois le panégyrique de l'empereur Juhen (l'Apostat). »

Le 20 avril, toujours préoccupé d'affaires d'argent, il écrivait : « Il faut que je parte dans quinze jours, sans quoi tout périt à Ferney. J'espère, au mois de septembre, ne plus sortir de dessous les ailes de mon ange ' . »

Le 26 mai, la main défaillante du vieillard traçait encore quelques lignes; puis il tomba dans une agonie terrible dont le duc de Richelieu, Tronchin et les gens' du marquis de Villette nous ont conservé le souvenir, et le 30 mai 1778 il n'était plus.

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