‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 150 sur 154 · avril · texte numérisé non relu

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(( Etes-vous sage à soixante-dix ans? Apprenez à voLre âge de quel style il vous convient de m'écrire. Comprenez qu'il y a des libertés permises et des impertinences intolérables aux gens de lettres et aux beaux esprits. Devenez enfin philosophe , c'est-à-dire raisonnable. — Puisse le ciel, qui vous a donné tant d'esprit, vous donner du jugement à proportion ^'... »

Puis revient Tinvitation à des sentiinents d'humanité sinon envers les vivants, au moins à l'égard des morts, auxquels soient pardon et oubli :

« Jouissez de votre ermitage; ne troublez pas les cendres de ceux qui reposent au tombeau; que la mort au moins mette fin à vos injustes haines. Pensez que les rois, après s'être longtemps battus, font enfin la paix. Ne pourrez-vous jamais la faire? Je crois que vous seriez capable, comme Orphée, de descendre aux enfers, non pas pour fléchir Pluton, non pas pour ramener la belle Emilie ^, mais pour poursuivre dans ce séjour de douleur un ennemi ^ que votre rancune n'a que trop persécuté dans ce monde. Sacrifiez-moi votre vengeance, ou plutôt immolez-la à votre propre réputation... Faites une action digne des belles maximes que vous débitez avec tant d'élégance et de force dans vos ouvrages ^. »

Ne sachant comment satisfaire l'indispensable besoin qu'il avait de toujours parler de Maupertuis, Voltaire adressait à Frédéric II l'apologue, passablement grossier et plat, que voici, et dont les acteurs sont le roi de Prusse, lui Voltaire et Maupertuis :

« Sire, il y avait autrefois un lion et un rat; le rat fut

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