‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 151 sur 154 · novembre HoS · texte numérisé non relu

novembre HoS

JUGÉS L'UN PAU L'AUTRE 2i'9

amoureux du lion et alla lui faire sa cour. Le lion lui donna un petit coup de patte : le rat s'en alla dans la souricière, mais il aima toujours le lion; et voyant un jour un filet qu'on tendait pour attraper le lion et le tuer il en rongea une maille. Sire, le rat baise trèshumblement vos belles griffes en toute humilité ; il ne mourra jamais entre deux capucins comme a fait à Bâle un dogue de Saint-Malo * ; il aurait voulu jmourir auprès de son lion. Croyez que le rat était plus attaché que le dogue ^. »

Parler pardon et oubli à Voltaire , c'était vraiment bien perdre son temps; aussi, moins d'un an après, Frédéric s'irritait-il avec raison de ce que le châtelain poursuivait encore la mémoire de Maupertuis.

« Quelle rage vous anime encore contre Maupertuis?.., lui dit-il.

Laissez en paix la froide cendre Et les nicànes de Maupertuis ; La Vérité va le défendre, Elle s'arme déjà pour lui.

Son âme était noble et fidèle ; Qu'elle vous serve de modèle.

Maupertuis sut vous pardonner Ce noir écrit ^, ce vil libelle, Que votre fureur criminelle Prit soin chez moi de grifTouner.

Voyez quelle est votre manie :

Quoi! ce beau, quoi! ce grand génie... Se souille par la calomnie.

Même il s'acharne sur un mort!

Ainsi, jetant des cris de joie.

Planant eu l'air, de vils corbeaux S'assemblent autour des tombeaux

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