‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 152 sur 154 · La Diatribe du docteur Aknkia · texte numérisé non relu

La Diatribe du docteur Aknkia

Et des cadavres font leur proie, rson, dans ces coupables excès, Je ne reconnais plus les traits De l'auteur de la Ilenrlade; Ces vertus dont il fait parade, Toutes je les lui supposais.

Hélas! si votre âme est sensible.

Rougissez-en pour votre honneur, Et gémissez de la noirceur De votre cœur incorrigible ' !

Frédéric, qui a pu juger les philosophes par leur chef, ne leur est guère plus tendre. Voltaire lui ayant parlé d'une colonie de philosophes qui se proposaient de s'établir à Glèves, dans son royaume, le roi lui répond:

« Je ne m'y oppose point... toutefois à condition qu'ils ménagent les bois qui doivent être ménagés et qu'en imprimant ils observent de la décence dans leurs écrits ^ »

— • Madame, disait à peu près à la même époque Diderot à une femme de bons sens, nous avons abattu bien des arbres dans la forêt des préjugés.

— C'est donc ça que depuis quelque temps vous nous débitez tant de fagots!

Frédéric craignait peut-être aussi, non sans raison, que les philosophes ne fissent des dégâts très-matériels dans ses hautes futaies.

Et cette décence qu'il exigeait dans les écrits des philosophes, c'est encore un trait à l'adresse de Voltaire et de ses complices. A propos du châtiment de jeunes impies qui avaient insulté publiquement une cérémonie du culte et dont les antécédents étaient d'ailleurs déplorablement marqués d'une cynique impiété, Frédéric écrivait à Voltaire qui tout d'abord avait pris leur parti :

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