‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 17 sur 154 · Julie ou la Nouvcl/c Hclohe · texte numérisé non relu

Julie ou la Nouvcl/c Hclohe

JUGÉS L'UiN PAR L'AUTliE 13

tié galant, moitié moral, où il n'y a ni galanterie, ni vraie morale, ni goût, et dans lequel il n'y a d'autre mérite que celui de dire des injures à notre nation K

« Et le roman de Jean Jacques? A mon gré, il est sot, bourgeois, impudent, ennuyeux .

« Pour Jean-Jacques, ce n'est qu'un misérable qui a abandonné ses amis, et qui mérite d'être abandonné de tout le monde... C'est dommage, car il était né avec quelques demi-talents, et il aurait eu peut-être un talent tout entier, s'il avait été docile et honnête 'K

« C'est contre votre Jean-Jacques que je suis le plus en colère. Cet archi-fou, qui aurait pu être quelque chose s'il s'était laissé conduire par vous, s'avise de faire bande à part; il écrit contre les spectacles, après avoir fait une mauvaise comédie * ; il écrit contre la France, qui le nourrit; il trouve quatre ou cinq douves pourries du tonneau de Diogène, il se met dedans pour aboyer; il abandonne ses amis; il m'écrit, à moi, la plus impertinente lettre que jamais fanatique ait griffonnée. Il me mande, en propres mots : « Vous avez corrompu Genève, pour prix de l'asile qu'elle vous a donné; » comme si je me souciais d'adoucir les mœurs de Genève, comme si j'avais besoin d'un asile... Je n'ai point fait de réponse à sa lettre. M. de Ximenès a répondu pour moi et a écrasé son misérable roman ^. Si Rousseau avait été un homme raisonnable à qui on ne pût reprocher qu'un mauvais livre, il n'aurait pas été traité ainsi ^.

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