‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 19 sur 154 · Feruey, à Dalemliert, 20 avril · texte numérisé non relu

Feruey, à Dalemliert, 20 avril

M. le marquis de Ximenès a daigné s'abaisser jusqu'à couvrir de ridicule son ennuyeux et impertinent roman. Ce roman est un libelle fort plat contre la nation qui donne à l'auteur de quoi vivre ; et ceux qui ont traité les quatre jolies lettres de M. de Ximenès de libelles ont extravagué. Un homme de condition est au moins en droit de réprimer l'insolence d'un J.-J. qui imprime y**'?'/ y a vingt contre un à parier que tout gentilhomme descend d'un fripon '.

« Voilà ce que je pense hautement et ce que je vous prie de dire à M. Diderot. II ne doit pas être à se repentir d'avoir apostrophé ce pauvre homme comme grand homme et de s'être écrié : 0 Rousseau! dans un dictionnaire^. Il se trouve, à la fin de compte, que : 0 Rousseau! ne signifie que : 0 insensé! l\ faut connaître ses gens avant de leur prodiguer des louanges. J'écris tout ceci pour vous...

« Vous me trouverez un peu de mauvaise humeur; mais comment voulez-vous que je ne sois pas outré? Je bâtis un joli théâtre à Ferney, et il se trouve un Jean-Jacques, dans un village de France, qui se ligue avec deux coquins, prêtres calvinistes, pour empêcher un bon acteur déjouer chez moi... Le polisson! le polisson! s'il vient au pays, je le ferai mettre dans un tonneau, avec la moitié d'un manteau sur son vilain petit corps' à bonnes fortunes -'. »

Voici l'apostrophe de Diderot à Rousseau, qui avait si fort irrité Voltaire et changé sa mauvaise humeur en fureur :

« 0 Rousseau, mon cher et digne ami, je n'ai jamais

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