‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 26 sur 154 · Livre III, chapitre xv · texte numérisé non relu

Livre III, chapitre xv

« question pour eux de contracter, mais d'obéir '. »

« Il est vrai que les magistrats ne sont pas les maîtres du peuple ; ce sont les lois qui sont maîtresses : mais le reste est absolument faux; il l'est dans tous les États, il l'est chez nous... Nous n'avons pas le droit de destituer les officiers de l'État quand il nous plaît ; ce droit serait le code de l'anarchie. Le roi de France lui-même, quand il a donné des provisions à un magistrat, ne peut le destituer qu'en lui faisant son procès. Le roi d'Angleterre ne peut ôter une pairie qu'il a donnée... On ne destitue les magistrats amovibles qu'après le temps de leur exercice. Il n'est pas plus permis de casser un magistrat par caprice que d'emprisonner un citoyen par fantaisie...

« Si on se donnait la peine de lire attentivement ce livre du Contrat social, il n'y a pas une page oîi Ion ne trouvât des erreurs ou des contradictions...

« On a brûlé ce livre chez nous. »

Le Contrat social n'a pas été brûlé en France, mais il l'a été à Genève; et c'est un Genevois qui est censé parler dans les Idées républicaines. Et pour mieux se déguiser, se masquer tout à fait. Voltaire fait de l'indignation contre cet auto-da-fé politique :

« L'opération de brûler le Contrat social a été aussi odieuse peut-être que celle de le composer. Il y a des choses qu'il faut qu'une administration sage ignore. Si ce livre était dangereux, il fallait le réfuter. Brûler un livre de raisonnement, c'est dire : Nous n'avons pas assez d'esprit pour lui répondre. Ce sont les livres d'injures qu'il faut brûler et dont il faut punir sévèrement les auteurs, parce qu'une injure est un délit. »

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