‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 27 sur 154 · Livre III, chapitre xvm · texte numérisé non relu

Livre III, chapitre xvm

En jugeant ainsi Rousseau, Voltaire se juge et se condamne lui-même, en entassant paradoxes sur contradictions; car, en excitant les magistrats de Genève à brûler V Emile, il les poussait — parune conséquence nécessaire et fatale — à brûler le Contrai social, du même auteur.

Dans sa correspondance, l'année suivante (1763), Voltaire revient encore — et toujours et sans cesse — sur y Emile et son auto-da-fé ; on dirait qu'il a peur que tout cela ne soit pas assez connu à Paris ; on sent qu'il veut ameuter la magistrature française contre Rousseau, comme il a fait celle de Genève.

« Je ne sais — écrit-il au marquis d'Argence de Dirac * — si le dernier ouvrage de Jean- Jacques Rousseau, intitulé Emile, est parvenu jusqu'à vous. Il est vrai que dans ce livre, qui est un plan d'éducation, il y a bien des choses ridicules et absurdes. Il a 'un jeune homme de qualité à élever, et il en fait un menuisier : voilà le fond de ce livre ; mais il introduit au troisième tome un vicaire savoyard, qui sans doute était vicaire du curé Jean Meslier ". Ce vicaire fait une sortie contre la religion chrétienne...

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