‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 28 sur 154 · avril · texte numérisé non relu

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2. Allusion à un écrit impie de Voltaire, Extrait des sentimaiis de Jean Meslier (1762). Naigeon ayant, dans V Encyclopédie méthodique (Philosophie, tome III, article Meslier), fait imprimer VExtrait sous le nom de Voltaire, Beuchot l'admit, en 1817, dans une édition in-12 des OEuvres du patriarche de Ferney. « Il ne peut — dit Beuchot — y avoir aucun doute sur l'auteur de l'Extrait, d'après ce que Voltaire écrivait à Dandlaville, le 8 février 1762 : <i On ne sait qui a fait VExtrait; mais il est tiré tout entier, mot « pour mot, de l'original; » et à d'Alembert, le 23 du même mois : <c 11 part un exemplaire pour vous; le bon grain était étouifé dans <( l'ivraie de son in-folio ; un bon Suisse l'a extrait très-fidèlement. » (Cs. Beuchot, tome XL de son édition des OEuvres de Voltaire, p. 390.) « Le vieux Suisse, le Suisse, » est la signature d'un assez grand nombre de lettres de Voltaire. »

« Vous avez su que l'archevêque de Paris a donné un mandement violent contre Jean-Jacques; que Jean-Jacques, poursuivi d'ailleurs par le parlement de Paris, brûlé à Genève sa patrie, brûlé à Berne, c'est-à-dire dans la personne de son livre, s'est retiré dans un désert près de Neuchâtel, qui appartient au roi de Prusse. »

Le ton impie du Vicaire savoyard réconcilie un moment Voltaire avec Rousseau ; mais l'éloge est largement tempéré par la grosse injure qui y fait dissonance :

« Dieu bénit nos travaux. Jean-Jacques l'apostat n'a .pas laissé de rendre de grands services par son Vicaire savoyard '. »

Puis il fait des avances indirectes à Rousseau pour le ramener au bercail, c'est-à-dire dans l'esclavage plus ou moins doré des Délices, et il écrit à Damilaville, avec une pitié hypocrite : «

« Je suis bien affligé quand je vois ce malheureux Rousseau outrager la philosophie dans le même temps qu'il arme contre lui la religion. Quelle démence et quelle fureur de vouloir décrier les seuls hommes sur la terre qui pouvaient l'excuser auprès du public et adoucir l'amertume du triste sort qu'il mérite -!

« Je n'ai point lu cette lettre de Jean-Jacques ^ dont vous me parlez. Moi, persécuteur! moi, violent persécuteur! C'est Jeannot Lapin à qui on fait accroire qu'il est un foudre de guerre. Il y a deux ans que Jean-Jacques, auteur de quelques comédies, s'avisa d'écrire contre la comédie... 11 ajouta à cette saillie celle de m'écrire* que

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