‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 34 sur 154 · in · texte numérisé non relu

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cet athée ; il n'est pas permis assurément d'étaler de tels poisons sans présenter Tantidote.

« 11 est vrai que Rousseau, dans cet endroit même, se compare à Jésus-Christ avec la même humilité qu'il a dit 1 que nous lui devions dresser une statue. On sait que cette comparaison est un des accès de sa folie. Mais une folie qui blasphème à ce point peut-elle avoir d'autre médecin que la même main qui a fait justice de ses autres scandales?

« S'il a cru préparer dans son style obscur une excuse à ses blasphèmes, en les attribuant à un délateur imaginaire, il n'en peut avoir aucune pour la manière dont il parle des miracles de notre Sauveur. Il dit nettement, sous son propre nom ^': « Il y a des miracles dans l'Évangile qu'il n'est pas possible de prendre au pied de la lettre sans renoncer au bon sens;» il tourne en ridicule tous les prodiges que Jésus daigna opérer pour établir la religion.

« Nous avouons encore ici la démence qu'il a de se dire chrétien quand il sape le premier fondement du christianisme ; mais cette folie ne le rend que plus criminel. Être chrétien et vouloir détruire le christianisme n'est pas seulement d'un blasphémateur, mais d'un traître.

« Après avoir insulté Jésus-Christ, il n'est pas surprenant qu'il outrage les ministres de son saint Évangile... C'est ainsi qu'il traite ceux qui lui ont pardonné sa première apostasie et qui n'ont pas eu la moindre part à la punition de la seconde , quand ses blasphèmes répandus dans un mauvais roman ont été livrés au bourreau... Considérons qui traite ainsi nos pasteurs : est-ce un sa-

1. Dans sa lettre à rarcbevêqut' de Paris, relativement à la condamnation de VÉmile par ce prélat.

2. Dans une note de la troisième lettre de la première partie, !>. 148 de l'édition originale.

vant qui dispute contre des savants? Non, c'est l'auteur d'un opéra et de deux comédies sifflées. Est-ce un homme de bien qui, trompé par un faux zèle, fait des reproches indiscrets à des hommes vertueux? Nous avouons avec douleur et en rougissant que c'est un homme qui porte encore les marques funestes de ses débauches, et qui, déguisé en saltimbanque ' traîne avec lui de village en village et de montagne en montagne la malheureuse dont il fit mourir la mère et dont il a exposé les enfants à la porte d'un hôpital, en rejetant les soins qu'une personne charitable voulait avoir d'eux, en abjurant tous les sentiments de la nature , comme il dépouille ceux de l'honneur et de la religion.

« C'est donc là celui qui ose donner des conseils à nos concitoyens!... C'est donc là celui qui parle des devoirs de la société!... C'est ici qu'on peut dire, avec un des premiers hommes de l'Europe, de ce même écrivain auteur d'un roman d'éducation, que, pour élever un jeune homme, il faut commencer par avoir été bien élevé ^ ! « Venons à ce qui nous regarde particulièrement, à îiotre ville qu'il voudrait bouleverser parce qu'il y a été repris de justice. Dans quel esprit rapporte-t-il nos troubles assoupis? Pourquoi réveille-t-il nos anciennes querelles et nous parle-t-il de nos malheurs? Yeut-il que nous nous égorgions parce qu'on a brûlé un mauvais livre à Paris et à Genève? Quand notre liberté et nos droits seront en danger, nous les défendrons bien sans lui... Il cherche par des mensonges accumulés à exciter les Deux-Cents contre le Petit-Conseil, les pasteurs contre ces deux corps, et enfin tous contre tous, pour nous exposer au mépris et à la risée de nos voisins. Veut-il

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