‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 35 sur 154 · Alluï^ion ail cùstiime d'Arméuieu adopté par Rousseau · texte numérisé non relu

Alluï^ion ail cùstiime d'Arméuieu adopté par Rousseau

2. Voltaire se cite ici lui-uiême pour mieux dépister le soupçon d'être l'auteur du présent pamphlet. Voyez ci-dessus, p. 22.

nous animer en nous outrageant? veut-il renverser notre constitution en la défigurant, comme il veut renverser le christianisme, dont il ose faire profession? Il suffît d'avertir que la ville qu'il veut troubler le désavoue avec horreur. S'il a cru que nous tirerions l'épée pour le roman A' Emile, il peut mettre cette idée dans le nombre de ses ridicules et de ses folies. Mais il faut lui apprendre que, si on châtie légèrement un romancier impie, on punit capitalement un vil séditieux. »

Est-ce assez violent et surtout assez odieux, lorsqu'on sait, à n'en pas douter, que le vil séditieux ce n'était pas Rousseau, mais bel et bien Voltaire.

Après le pamphlet, la correspondance du châtelain de Ferney ramenant avec elle le cours des mêmes insinuations perfides contre l'homme qui, à tort ou à raison, s'était refusé à subir le joug pesant du tyran philosophe.

a Jean-Jacques est un homme d'esprit qui se conduit comme un sot. Toutes les apparences sont qu'on le fera repentir d'avoir voulu mettre le feu dans la parvulissime qu'il a quittée. Vous avez vu, par ma dernière lettre * , combien il est méchant. Je ne reviens point de mon étonnement qu'un homme qui s'est dit philosophe joue publiquement le rôle d'un délateur et d'un calomniateur. « Vous m'avez incendié, dit-il; incendiez donc aussi mon « confrère. J'ai fait mal, mais il a fait pis.»... Je vois que le grand défaut de Jean-Jacques est d'être enragé contre le genre humain : il a là une bien vilaine passion ^.

(t Les bourdons de la ruche de Genève ont tous les ans des tracasseries pour étrennes au sujet des élections ; elles ont été très-fortes cette année. Il y a beaucoup de dissensions entre le conseil et le peuple, qui se croient tous

1. Voyez ci-dossus la lettre à Damilaville, du 31 décembre 1764.

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