‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 39 sur 154 · janvier ITCo · texte numérisé non relu

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« Quand on a donné des éloges à ce polisson de Rousseau, c'était alors qu'on offrait réellement une chandelle au diable '. »

La chandelle en question avait été offerte par Diderot à Rousseau dans certain article de V Encyclopédie ^ dont le souvenir horripilait Voltaire. « On est indigné, dit iP, du voir dans le Dictionnaire encyclopédique une apostrophe à ce misérable comme on en ferait une à un Marc-Antonin. Ce ridicule suffit... pour décrier un livre, fût-il en vingt volumes in-folio. »

Cependant les redites incessantes et aussi fatigantes qu'infatigables de Voltaire à l'égard de la question du théâtre menaçaient d'être reléguées dans le domaine du pur et complet rabâchage, lorsque Dalembert lui fournit l'occasion, sinon de changer de ton, du moins de varier son motif en l'aggravant de plus en plus, crescendo, rifforzando, comme dit le Basile du Barbier de Séville.

Dalembert écrivait à Voltaire, le IGjuilletlTGG : « J'oubliais vraiment de vous parler d'une grande nouvelle : c'est la brouillerie de Jean-Jacques et de M. Hume. Je me doutais bien qu'ils ne seraient pas longtemps amis ; le caractère féroce de Jean-Jacques ne le permettait pas : mais je ne m'attendais pas â la noirceur dont M. Hume l'accuse. Vous savez sans doute de quoi il s'agit. M. Hume a demandé une pension du roi d'Angleterre pour Rousseau, du consentement de ce dernier; il l'a obtenue avec beaucoup de peine; il s'est pressé de lui écrire cette bonne nouvelle ; Rousseau lui a répondu en l'accablant d'injures, qu'il ne l'avait amené en Angleterre que pour le déshonorer, qu'il ne voulait ni de la pension du roi ni de l'a-

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