‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 40 sur 154 · A Dalembert, 28 août · texte numérisé non relu

A Dalembert, 28 août

initié de M. Hume et qu'il renonçait à tout commerce avec lui... Ce qu'il y a de fâcheux pour Jean-Jacques, c'est que tous les gens raisonnables croiront M. Humequand il dit qu'il avait le consentement de Rousseau pour cette pension; mais Rousseau le niera, et il trouvera aussi des gens qui le croiront ; car je gagerais bien qu'il n'a pas donné son consentement par écrit. l\ parait que son plan a été de laisser agir M. Hume en lui donnant un simple consentement verbal, et de refuser ensuite la pension avec éclat, pour se faire des amis dans le parti de l'opposition ; se mettant peu en peine de compromettre M. Hume envers le roi et envers la nation, pourvu que Jean-Jacques ait des partisans et fasse parler de lui. Le bon M. Hume dit avoir des preuves que depuis deux mois Rousseau méditait de lui jouer ce tour.

« n se prépare à donner toute cette histoire au public...

« Pour moi, je rirai, comme je fais de tout, et je tâcherai que rien ne trouble mon repos et mon bonheur. »

Tout joyeux de cette histoire, qu'il avait été des premiers à connaître, Voltaire — dès le 1 4 juillet de la même année — écrivait à d'Argental : « Je ne suis point surpris de la conduite de ce malheureux Jean-Jacques... H est afl'reux qu'il ait été donné â un pareil coquin de faire le Vicawe savoijanl. Ce malheureux fait trop de tort à la philosophie; mais il ne ressemble aux philosophes que comme les singes ressemblent aux hommes. »

Cependant le réquisitoire de Hume contre Jean-Jacques a paru : <■ J'ai lu — dit Voltaire ' — le procès de l'ingratitude contre la générosité. Ce Jean- Jacques me paraît un charlatan fort au-dessus de ceux qui jouent sur les boulevards. C'est une âme pétrie de boue et de fiel.

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