‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 4 sur 154 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

quelle force j'aurais exposé tous les abus de nos institutions! avec quelle simplicité f aurais démontré que Ihomme est bon naturellement , et que c'est par ces institutions seules que les /tommes deviennent méchants!

« Tout ce que j'ai pu retenir de ces foules de vérités, qui dans un quart d'heure ni illuminèrent sous cet arbre, a été faiblement épars dans les trois principaux de mes écrits, savoir : ce premier discours *, celui de V Inégalité ^ et le traité de Y Éducation ^ lesquels ouvrages sont inséparables et forment un même tout. Tout le reste a été perdu.

« Voilà comment, lorsquefy pertsais le moins, je devins auteur presque malgré moi. 11 est aisé de concevoir comment l'attrait d'un premier succès et les critiques des barbouilleurs '* me jetèrent tout de bon dans la carrière. »

Cette citation, la plus caractéristique peut-être que l'on puisse extraire des œuvres de Rousseau, donne bien la note, le la pour ainsi dire et le diapason normal de riiomme, de sa faconde, de son style et avant tout le procédé de son faire. C'est le grand coup d'archet du virtuose des concerts publics, qui veut d'abord étonner la masse de son auditoire ; la simplicité dans un début, c'est bon pour le génie et pour les gens de goût, petit trou-

1. Discours qui a remporté le prix à l'Académie de Dijon, en 1750, sur cette question : Sf le rétablissement des scierices et des arts a contribué à éjnirer les moiurs, par uu citoyen de Genève. (Paris, 1750, in-l».)

2. Discoia's sur l'origine et les fondements de Finégalité parmi les hommes. (Amsterdam, 1755, in-S".)

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