C'est la lettre à Lullin, du "J juillet 17GG
qu'on le regardât comme un scélérat et moi aussi et que je détestais trop les persécuteurs pour l'être.
« Le conseil me répondit, par un secrétaire d'État, que je n'avais jamais eu ni dû avoir ni pu avoir la moindre part, ni directement, ni indirectement, à la condamnation du sieur Jean-Jacques.
(( Les deux lettres sont dans les archives du conseil de Genève.
« Cependant M. Rousseau, retiré dans les délicieuses vallées de Moutiers-Travers ou Motiers-Travers, au comté de Neuchâtel, n'a3-ant pas eu, depuis un grand nombre d'années, le plaisir de communier sous les deux espèces, demanda instamment au prédicant de Motiei's- Travers, homme d'un esprit fin et délicat, la consolation d'être admis à la sainte table ; il lui dit * que son intention était : 1° de combattre VÉglise romaine; 2" de s'élever contre V ouvrage infernalDe Ves\)rit, qui établit évidemment le matérialisme; 3° de foudroyer les nouveaux philosophes vains et présomptueux. Il écrivit et signa cette déclaration, et elle est encore entre les mains de M. de Montmolin, prédicant de Motiers-Travers et de Boveresse.
« Dès qu'il eut communié, il se sentit le cœur dilaté, il s'attendrit Jusqu'aux larmes. Il le dit au moins dans sa lettre du 8 d'auguste 1765 ^.
« Il se brouilla bientôt avec le prédicateur et les prêches de Motiers-Travers et de Boveresse. Les petits garçons et les petites fdles lui jetèrent des pierres; il s'enfuit sur les terres de Berne; et, ne voulant plus être lapidé, il supplia Messieurs de Berne de vouloir bien avoir la bonté de le faire enfermer le reste de ses Jours dans quelqu'un de leurs châteaux ou tel autre lieu de leur Fiat qu'il leur sem-