Ibid., chant II
Et cependant sa triste et vilainr; àme • Du dieu d'amour a ressenti la flamme; Il a trouvé, pour charmer son ennui, Une beauté digne en effet de lui.
C'était Caron amoureux de Mégère.
Cette infernale et hideuse sorcière Suit en tous lieux le magot ambulant, Comme la chouette est jointe au chat-huant. Linfàme vieille avait pour nom Vachine...
C'est Thérèse Levasseur dont Voltaire travestit ainsi le nom, et voici le discours qu'il prête à Rousseau s'adressant à la douleur de Robert Govelle :
As-tu perdu l'esprit?
As-tu le cœur si lâche et si petit ?
Aurais-tu bien cette faiblesse infâme De t'abaisser à pleurer une femme ?
Sois sage enfin; le sage est sans pitié; Il n'est jamais séduit par l'amitié ; Tranquille et dur en son orgueil suprême, Vivant pour soi, sans besoin, sans désir,
concentré dans lui-même,
Dan» son mérite il met tout son plaisir... D'un vrai Rousseau tel est le caractère ; Il n'est ami, parent, époux, ni père ; Il est de roche; et quiconque, en un mot. Naquit sensible est fait pour être sot * .
Il semble que ce soit le comble et qull n'y ait plus de place dans la mesure des outrages à l'adresse de son adversaire, mais ce serait mal connaître Voltaire que de croire cela; la vengeance était un plaisir trop doux pouilui et rendait sa verve intarissable. Dans les Adorateurs ou les Louanges de Dieu, libelle publié en 1769, avec ce