‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 54 sur 154 · Grimm, /. c. sup., 1" décembre · texte numérisé non relu

Grimm, /. c. sup., 1" décembre

3. Sur la paternité de Voltaire à l'égard des Adorateurs, voyez Beuchot, Œuvres de Voltaire, tome XLVI, p. 97, uote 1.

« Je ne sais quel écrivain ' à idées creuses et à paradoxes contradictoires s'est avisé de dire, en insultant le christianisme, que Jésus était ynort en Dieu. A-t-il vu mourir des dieux? les dieux meurent-ils? Je ne crois pas que l'auteur de tant de fatras ait jamais rien écrit de plus absurde -. »

Voltaire, l'année suivante (1770), continuée frapper à coups redoublés sur Rousseau. « C'est — écrit-il à M™" du Deffand ^, — le plus détestable fou que j'aie jamais lu. Son Héloïse me parait écrite moitié dans un mauvais lieu, et moitié aux Petites-Maisons... Ce polisson m'ennuie et m'indigne, et ses partisans me mettent en colère. »

Puis, quittant la voie épistolaire, le châtelain de Ferney confie à son Dictionnaire philosophique * cette page qu'il s'emprunte à lui-même, dans ses Questions sur l'Encyclopédie '' :

« L'assassinat étant, après l'empoisonnement, le crime

le plus lâche et le plus punissable, il n'est pas étonnant

qu'il ait trouvé de nos jours un approbateur dans un

homme dont la raison singulière n'a pas toujours été

d'accord avec la raison des autres hommes. »

Ceci est à l'adresse de la fameuse note du quatrième livre d'Emile, que J.-J. Rousseau a développée dans une lettre du 14 mars 1770.

Voltaire continue : « Il (J.-J.) feint dans un roman in-

1. J.-J. Rousseau, dans la Profession de foi du vicaire savoyard. Voyez le 4"^ livre d'Emile.

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