‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 55 sur 154 · août · texte numérisé non relu

août

4 Aux mots Assassin, Assassinat, section n^. 5. Deuxième partie, 1770.

74 VOLTAIUK ET ROUSSEAU

titulé Emile d'élever un jeune gentilhomme, auquel il se donne bien de garde de donner une éducation telle qu'on la reçoit dans l'Ecole militaire, comme d'apprendre les langues, la géométrie, la tactique, les fortifications, l'histoire de son pays : il est bien éloigné de lui inspirer l'amour de son roi et de sa patrie ; il se borne à en faire un garçon menuisier. Il veut que ce gentilhomme menuisier, quand il a reçu un démenti ou un soufflet, au lieu de les rendre et de se battre, assassine prudemment son homme. Il est vrai que Molière, en plaisantant dans l'Amour peintre, dit qu assassiner est le plus sûr * ; mais l'auteur du roman prétend que c'est le plus raisonnable et le plus honnête. Il le dit très-sérieusement; et dans l'immensité de ses paradoxes, c'est une des trois ou quatre choses qu'il ait dites le premier. Le même esprit de sagesse et de décence qui lui fait prononcer qu'un précepteur doit souvent accompagner son disciple dans un mauvais lieu ^ le fait décider que ce disciple doit être un assassin. Ainsi l'éducation que donne Jean-Jacques à un gentilhomme consiste à manier le rabot et à mériter le grand remède et la corde. »

Et dans un autre article du même Dictionnaire :

« Le Dictionnaire encyclopédique , au mot exécuteur, détaille tous les privilèges du bourreau de Paris ; mais un auteur nouveau (J.-J.) a été plus loin ^ Dans un roman d'éducation... il prétend que le monarque doit donner sans balancer la fille du bourreau en mariage à l'héritier présomptif de la couronne, si cette fille est bien élevée, et si elle a beaucoup de convenance avec le Jeune prince. C'est dommage qu'il n'ait pas stipulé la dot qu'on

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