PAR LES GE.\S DE LETTRES SES COMPATRIOTES
Dès 1770, la pensée de se voir, de son vivant, élever une statue gonflait d'orgueil le patriarche de Ferney, mais elle le comblait surtout de joie, en se rappelant certain passage de la lettre de J.-J. Rousseau à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris.
A moi, chétif, une statue!
s'écriait Voltaire dans des stances à M°"= Necker.
Je serais d'orgueil enivré.
L'ami Jean-Jacques a déclaré Que c'est à lui qu'elle était due.
1. Didionn. phi/os., article Bourreau. Cf. Questions sur l'Ency» clopédie, 3^ partie, 1770.
La haine était encore plus forte et plus persistante chez Voltaire que la vanité, et ce n'est pas peu dire. Un an à peine avant sa mort , arrivé à un âge où d'ordinaire — par la faiblesse même des organes — les passions s'émoussent, le patriarche de Ferney s'occupait encore de bafouer Rousseau.
En 1777 donc, vers le milieu de l'automne *, paraissaient les Dialogues (TÉvhémhe, etCallicrate, un des deux interlocuteurs, y disait à Evhémère :
« Vous avez lu le roman de l'Athénien Xénophon sur l'éducation de Cyrus?