CALLICRATE
Oui, et je vous avoue qu'il m'a donné encore meilleure opinion de Xénophon que de Cyrus même.
ÉYUÉMÈRE.
Eh bieni un petit Barbare a cru depuis peu instituer une méthode d'élever les princes bien supérieure à l'éducation du vainqueur de Babylone.
<( D'abord l'auteur, demi-gaulois, demi-allemand, déclare qu'un grand prince l'a supplié de vouloir bien lui faire l'honneur d'être précepteur de son fils ; qu'il l'a refusé et qu'il ne sera jamais précepteur. Aussitôt il nous apprend qu'il l'est d'un jeune homme de qualité. Savezvous quelles leçons il donne à son élève? Il en fait un garçon menuisier... Il lui persuade qu'un prince, un souverain doit épouser la fille du bourreau, si les convenances s'y trouvent ^. Enfin il lui dit qu'il est bien plus sage d'assassiner son ennemi que de le combattre noblement. »
1. Voyez les Méniowes secrets à la date du 16 novembre 1777. ^2. Emile, tome IV, p. 17S.
juCiÉs l'un par L'AUTUE 77
ROUSSEAU JUGE DE VOLTAIRE
fr
Rousseau juge tout d'abord Voltaire. — Un portrait ressemblant.
— L'article Genève. — Un démenti formel donné à Voltaire. — Persécutions à propos iVEmile. — Dialogue de Voltaire avec un ouvrier. — Le Sermoi des C'mqiumte. — Candide. — A propos d'une lettre de Buffon. — Complots contre Rousseau. — A propos des relations du général corse Paoli avec le citoj'en de Genève.
— Rousseau craint une mj'stification. — Les Parisiens et l'esprit de Voltaire. — Spirituelle et piquante parodie du style de Voltaire. — Est-ce Vernes ou Voltaire qui est l'auteur du Sentiment des citoyens. — Persiflage. — Un démenti énergique. — Éclaircisseme4îts sur le séjour de Rousseau à Venise en 1744. — Lettres du citoyen de Genève datées de cette époque. — Rousseau prend la résolution de se retirer en Angleterre.
Les premières relations de Rousseau avec Voltaire datent de la fin de l'année 1743 ; nous avons dit à quel propos elles se formèrent. Après avoir transcrit ' la réponse gracieuse que lui fit Voltaire, Rousseau ajoute :
« Qu'on ne soit pas surpris de la grande politesse de cette lettre, comparée aux autres lettres demi-cavalières qu'il m'a écrites depuis ce temps-là. Il me crut en grande faveur auprès de M. de Richelieu ; et la souplesse cour-