‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 61 sur 154 · Montmorency, 29 janvier · texte numérisé non relu

Montmorency, 29 janvier

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paie bien de Tasile que vous lui avez donné! Il ne savait plus où aller faire du mal; vous serez ses dernières victimes. »

Quelque temps après, Rousseau écrivaità Voltaire luimême une lettre dont un passage a été exploité outrageusement contre son auteur; c'est la répétition du sentiment qu'il vient d'exprimer à M. Moultou.

« Je ne vous aime point, monsieur; vous m'avez fait les maux qui pouvaient m'ètre les plus sensibles... Vous avez perdu Genève pour le prix de l'asile que vous y avez reçu... c'est vous qui me rendez le séjour de mon pays insupportable '. »

Pour bien comprendre la portée et la force du reproche que Rousseau adresse, en termes si énergiques, à Voltaire, il faut rendre compte de la manière dont Jean- Jacques composa sa Lettre à Dalemberl sur les spectacles, en réponse à l'article Genève de l'Encyclopédie. Il avait toujours cru, sans en avoir de preuves, que Voltaire n'était point étranger à la rédaction de cet article. Il y avait reconnu la main du mait?'e; il ne s'était pas trompé. Gomme cette lettre sur les spectacles fut la cause de la haine de Voltaire, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails.

A son retour de Berlin, Voltaire vint habiter le canton de Vaud ; d'abord au château de Prangins; puis, voulant se rapprocher d'une ville où l'on imprimait ses ouvrages, il acheta les Délices, et s'y établit en 1755. Il commença par y faire construire un théâtre sur lequel il admit aux représentations de ses pièces l'élite de la société de Genève. Tronchin, Cramer, Deconstant et d'autres

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