‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 63 sur 154 · C'est-à-dire des pasteurs et ministres calvinistes · texte numérisé non relu

C'est-à-dire des pasteurs et ministres calvinistes

porter son théâtre soit à Ferney, soit à Tournay, terres qu'il venait d'acquérir, en conçut un dépit mortel. Il voua la haine la mieux conditionnée à Jean-Jacques, et chacun sait avec quel soin il remplit ce vœu. Dalembert répliqua : sa réponse se termine par une petite méchanceté... »

Tels sont les détails donnés par un vieillard contemporain des faits qu'il raconte et dont il affirme l'authenticité ' .

Voltaire tira parti de la lettre de Jean-Jacques pour le calomnier, en faisant croire que cette lettre, du 17 juin 1760, avait été envoyée comme réponse à une généreuse offre d'asile, tandis que Voltaire n'a jamais offert d'asile à Rousseau, et que la lettre en question a été écrite après quatre ans de silence entre ces deux correspondants. En 1760, Rousseau n'avait pas encore eu besoin d'asile, puisque VÉmile, première cause de ses tribulations, ne fut publié qu'en 1762.

En cette même année 1760, Rousseau exhale encore sa répulsion pour ces philosophes qu'il va bientôt fustiger dans son Emile.

« Ainsi donc, s'écrie-t-iP, la satire, le noir mensonge et les libelles sont devenus les armes des philosophes et de leurs partisans! Ainsi paye M. de Voltaire l'hospitalité dont par une funeste indulgence Genève use envers lui! Ce fanfaron d'impiété, ce beau génie et cette âme basse, cet homme si grand par ses talents et si vil par leur usage, nous laissera de longs et cruels souvenirs de son séjour parmi nous. La ruine des mœurs, la perte de la liberté, qui en est la suite inévitable, seront chez nos neveux les

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