il mars
se sont mis à m'imputer les leurs. Paris csl inonde d'ouvrages qui portent mon nom et dont on a soin de faire des chefs-d'œuvre de bêtise, sans doute afin de mieux tromper les lecteurs. Vous n'imagineriez jamais quels coups détournés on porte à ma réputation, à mes mœurs, à mes principes. En voici un qui vous fera juger des autres.
<( Tous les amis de M. de YoUaire lépandcnt à Paris qu'il s'intéresse tendrement à mon sort. Ils font entendre qu'il est avec moi dans la plus intime liaison. Sur ce bruit, une femme qui ne me connaît point me demande par écrit quelques éclaircissements sur la religion et envoie sa lettre à M. de Voltaire, le priant de me la faire , passer. M. de Voltaire garde la lettre qui m'est adressée et renvoie à cette dame, comme en réponse, le Sermon des Cinquante. Surprise d'un pareil envoi de ma part, cette femme m'écrit par une autre voie ; et voilà comment j'apprends ce qui s'est passé.
« Vous êtes surpris que ma lettre sur la Providence ' n'ait pas empêché Candide de naître ? C'est elle, au contraire, qui lui a donné naissance ; Candide en est la réponse. L'auteur m'en fit une de deux pages, dans laquelle il battait la campagne ^, et Candide parut dix mois après. Je voulais philosopher avec lui; en réponse, il m'a persiflé. Je lui ai écrit une fois que je le haïssais ^, et je lui en ai dit la raison. Il ne m'a pas écrit la même chose, mais il me l'a vivement fait sentir... »
Rousseau n'avait que trop raison, quoique lui en pussent dire des amis timorés ; d'un autre côté, fallait-il donc lâcher pied? puis, où se retirer ? Il n'y avait donc