A M. du Peyron, Alotiers, le 31 janvier
mystification de la part des Corses qui, par l'organe d'un faux Paoli, se seraient adressés à lui pour lui demander une constitution. Rousseau commence par rire d'une telle bourde.
« On vous dit donc, madame, que M. de Voltaire m'a écrit sous le nom du général Paoli et que j'ai donné dans le piège. Ceux qui disent cela ne font guère plus d'honneur, ce me semble, à la probité de M. de Voltaire qu'à mon discernement *...
(c On répand donc que c'est l'inquisiteur qui m'a écrit au nom des Corses et que j'ai donné dans un piège si subtil. Ce qui me paraît ici tout à fait bon est que l'inquisiteur trouve plaisant de se faire passer pour faussaire , pourvu qu'il me fasse passer pour dupe. Supposons que ma stupidité fût telle que, sans autre information, j'eusse pris cette prétendue lettre pour argent comptant, est-il concevable qu'une pareille négociation se fût bornée à cette unique lettre, sans instruction et sans éclaircissements , sans mémoires, sans précis d'aucune espèce ? ou bien M. de Voltaire aura-t-il pris la peine de fabriquer aussi tout cela ? Je veux que sa profonde érudition ait pu tromper, sur cepoint, mon ignorance ; tout cela n'a pu se faire au moins sans avoir de ma part quelque réponse, ne fût-ce que pour savoir si j'acceptais la proposition. Il ne pouvait même avoir que cette réponse en vue pour attester ma crédulité ; ainsi son premier soin a dû être de se la faire écrire : qu'il la montre, et tout sera dit...
a Je ris toujours de vos Parisiens, de ces esprits si subtils, de ces jolis faiseurs d'épigrammes, que leur Voltaire mène incessamment avec des contes de vieilles, qu'on ne ferait pas croire aux enfants. J'ose dire que ce