M.-Pathay, Hist. de J.-J. Rousseau, p
— que Jean-Jacques avait été au nombre des valets de M. de Montaigu. Nous ne pouvons prendre nos preuves que dans les lettres que Rousseau écrivit pendant qu'il était à Yenise et constater ainsi quel ton il avait dans sa correspondance, quelle matière il traitait, quel titre il prenait ; car on conviendra qu'un valet ne pouvait prendre les airs d'un secrétaire d'ambassade.
Il existe neuf lettres dont les autographes sont conservés. Elles remontent à une époque où celui qui les écrivit ne se doutait pas que, pour ternir l'éclat d'une célébrité qu'il était loin de prévoir, on lui contesterait les fonctions qu'il exerçait alors.
La première de ces lettres est datée du 2o juillet 1743; c'est une réponse à une lettre de M. Dupont, secrétaire de M. de Jonville, envoyé extraordinaire de France à Genève. Rousseau l'appelle son cher confrère (ce qui eût été fort peu flatteur de la part d'un valet), et lui fait passer les instructions qu'il lui demandait au nom de M. de Jonville ' .
La seconde lettre, du 21 septembre 1743, est adressée à M. de Gouzié, comte des Charmettes; Jean-Jacques termine par les expressions du plus sincère et du plus parfait attachement : formule que n'aurait pu prendre un laquais -.
La troisième, du o octobre 1743, à M"^^ de Warens; il lui mandé qu'il écrit à M. de Lautrec et la prie de lui répondre, à M. Rousseau, secrétaire d'ambassade de France à Venise. Il n'est pas besoin de faire remarquer combien, en prenant un pareil titre, un laquais eût couru de risque.
La quatrième, du 23 novembre 1743, est adressée à M"'' de Montaigu, femme de l'ambassadeur. Cette lettre est décisive, parce qu'elle fait voir clairement les rap-