Tome V de la Correspondance littéraire de Grinim, p
2. Private Correspondance of D. Hume between the years 1761 and 1776. /n-4o, London, 1820.
fait connaître avec une précision rigoureuse et l'époque où cette prétendue lettre de Frédéric à Rousseau fut composée, etlapart qu'y prit Hume. Walpole fut le principal auteur de cette lettre où toutes les convenances étaient blessées, puisqu'on prenait le nom d'un roi pour tourner en ridicule un proscrit. Il raconte lui-môme dans ses œuvres ' « que, s'étant amusé chez M™" Geoffrin à plaisanter sur Rousseau, il avança des propositions qui divertirent la compagnie. De retour chez lui, il écrivit une lettre qu'il fit voir à Helvétius, ainsi qu'au duc de Nivernais. Ceux-ci en furent si contents qu'après avoir indiqué plusieurs fautes de langage à corriger, ils engagèrent l'auteur à la publier ».
Cette lettre circula pendant le mois de décembre 1763, par conséquent pendant le séjour que fit Jean-Jacques à Paris avant de passer en Angleterre. Cette date nous est fournie par deux contemporains : le premier est l'auteur des Mémoires secrets, qui ^ s'exprime ainsi : « Il court une lettre très-singulière du roi de Prusse au célèbre J.-J. Rousseau. Si elle est authentique, elle peut expliquer les motifs du changement de ce philosophe sur le lieu de sa retraite. » Le second est M"*^ du Defland ^ qui, le même jour, écrivait à Voltaire une lettre dans laquelle on lit ce passage : « Savez-vous que Jean-Jacques est ici? M. Hume lui a ménagé un établissement en Angleterre : il doit l'y conduire ces jours-ci. Je vous envoie une plaisanterie d'un de mes amis. » Cette plaisanterie était la lettre de Frédéric, roi de Prusse, à Jean-Jacques, ou plutôt de Walpole qui prit le nom de ce roi.
Hume avait si peu ménagé rétablissement qu'après