Tome II, p. 277, 28 décembre 17G
3. Lettres de la marquise du Deff'nnd. 1812, tome IV, p. 260.
l'arrivée de Rousseau à Londres il employa plus de six semaines à lui trouver un asile. Cette lettre fut donc faite pendant qu'Hume et Jean-Jacques se liaient intimement et se préparaient à partir de Paris. L'un des deux connut la plaisanterie dont l'autre était l'objet. On prit des mesures efficaces pour que ce dernier l'ignorât.
« Ce serait faire injure au lecteur que de supposer qu'il faudrait lui prouver combien serait odieux le rôle de Hume caressant Rousseau et contribuant en même temps à le tourner en ridicule : ce qui résulterait cependant de la moindre participation à la prétendue lettre de Frédéric '. »
La suite du récit va nous montrer si l'historien anglais fut entièrement étranger aux railleries injurieuses qui servirent à Walpole dans la fabrication de cette lettre. Exposons d'abord le sommaire des faits qui amenèrent la rupture entre le citoyen de Genève et l'historien anglais et expliquons comment de l'enthousiasme pour Hume Rousseau passa au plus profond mépris.
Hume offre un asile en Angleterre à Jean-Jacques, qui accepte et lui abandonne aveuglément sa destinée. Ils partent tous les deux et se rendent à Londres. On trouve à cinquante lieues de cette capitale une solitude qui convient à Rousseau. Les deux amis se séparent pour ne plus se revoir. Voilà donc le citoyen de Genève dans un pays ennemi, bien séquestré de la société, ainsi que, depuis longtemps, il le désirait. Le seul appui qui lui reste,, et sur lequel il semble qu'il doive compter, est Hume. Tout lui fait un devoir de se ménager cet appui, et même, en supposant qu'il découvre dans l'historien anglais un ami perfide, il est de son intérêt de dissimuler,, puisqu'il