M.-Pathay, p. iH c' ù'iS
s'est entièrement mis à sa disposition. Tout à coup cependant il rompt avec Hume, lui exprime le plus profond mépris et ne veut plus entendre parler de lui. Une coterie de gens de lettres, en France, — Voltaire en tête,
— apprend cet événement, écrit sans savoir de quoi il est question, condamne Rousseau et le voue au ridicule.
Tels sont, dans la plus rigoureuse exactitude, les faits. Mais, avant de chercher dans les circonstances ce qui les explique et de tâcher de découvrir pourquoi d'un côté Rousseau se brouille avec son hôte, et de l'autre pourquoi les hommes de lettres français se hâtent de donner gain de cause au littérateur anglais, avant d'avoir aucune connaissance de l'événement, démontrons qu'il y eut un mot d'ordre imposé dès le début dans toute cette affaire et que ce mot d'ordre partit de Ferney, d'où Voltaire organisa, dirigea et poursuivit, jusqu'au bout ce nouveau et odieux complot contre Rousseau.
Voltaire — qui avait tour à tour demandé un asile à l'Angleterre et à la Prusse et qui était sorti de Berlin en d'assez piteuses circonstances — ne voyait pas d'un bon œil le projet qu'avait formé Rousseau d'accepter les offres d'hospitalité que milord maréchal lui faisait de la part de Frédéric ; aussi dut-il éprouver un grand soulagement d'esprit quand il sut par M"° du Deffand que sa victime se réfugiait en Angleterre ? Jean-Jacques une fois hors de France, personne n'y songera plus et tous les regards se concentreront sur Ferney et son châtelain.
« Jean-Jacques Rousseau n'est bon qu'à être oublié ,
— écrit-il à la date du 28 décembre 1765 * ; — il sera comme Ramponneau, qui a eu un moment de vogue à la Gourtille, à cela près que Ramponneau a eu cent fois