‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 84 sur 154 · HO VOLTAIRE ET ROUSSEAU · texte numérisé non relu

HO VOLTAIRE ET ROUSSEAU

ches d'orgueil, de folie et d'ingratitude. Mais l'idée de cette pension venait de Hume, et Rousseau ne voulait point la lui devoir.

Hume rendant compte à M™" de Boufflers de ce qui se liasse à cette occasion, nous n'avons rien de mieux à faire qu'à présenter son propre témoignage*. Voici ce qu"il écrit à cette dame ' le 16 mai 1766 :

<c Rousseau vient de se rendre coupable d'une inconcevable extravagance ; vous savez combien j'ai fait de démarches, de son consentement ^, pour lui obtenir une pension. Dès que milord maréchal eut donné son avis, j'en avertis le général Conway, qui termina l'affaire, obtint une décision favorable du roi, m'en lit part et me témoigna la joie qu'il éprouvait d'avoir rendu service à un homme du mérite de Jean-Jacques. Il ajouta que, s'il eût eu son adresse, il lui aurait écrit directement. J'envoyai sa lettre à Jean-Jacques. Hier, je vis le général, qui me montra la réponse de Rousseau, me priant de détruire ses scrupules. Je compte lui mander qu'il ne peut plus hésiter sans s'exposer aux justes reproches du roi, du lord Conway, de lord maréchal et de moi.

« Milady Aylesbury croit que son humeur est causée par la lettre d'Horace Walpole. Celui-ci vient d'en faire une seconde pleine d'esprit ; mais il est résolu de n'en point laisser prendre de copie. H m'assure qu'il est, ainsi que jyjme (jjj Defï'and, innocent de la publication de lapremière lettre, prétendant qu'elle est due à l'une de vos amies.

« Tous connaissez probablement la lettre de Voltaire à notre philosophe étranger ^ ; j'imagine qu'elle le réveil-

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