‹ Voltaire et Rousseau jugés l'un par l'autre; pièces du procèsChapitre 94 sur 154 · Hume · texte numérisé non relu

Hume

2. Voyez — pour de plus grands détails, au sujet des démêlés entre Rousseau et Hume — le Récit des particularités de la vie de Jean-Jacques omises dans ses Co}ifessions (qui s'arrêtent à l'année 1765), récit qui termine le XYl*^ volume de l'édition des Œuvres de Rousseau (1824), p. 434-484.

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laisse croire aux autres ce qui leur plaît; mais comment se peut-il que vous me connaissiez si mal encore, vous qui savez que je fais imprimer moi-même les libelles qui se font contre moi? Si le prédicant de Montmolin publiait des satires contre vous, je crois qu'elles ne vous blesseraient guère ; mais si vous appreniez que J.-J. Rousseau s'entend avec lui pour cela, resteriez-vous de sangfroid? J'espère que non. Voilà le cas où je me trouve \ »

Quoique ses amis pussent lui dire, Rousseau persistait toujours et avec raison à voir la main de Voltaire dans tout ce qui s'écrivait contre lui. «Il faut — disait-il à M. d'Ivernois ', — que vous ayez une mince opinion de mon discernement, en fait de style, pour vous imaginer que je me trompe sur celui de M. de Voltaire, et que je prends pour être de lui ce qui n'en est pas; et il faut, en revanche, que vous ayez une haute opinion de sa bonne foi pour croire que, dès qu'il renie un ouvrage, c'est une preuve qu'il n'est pas de lui. »

Parfaitement raisonné, et le critérium proposé par Jeaa-Jacqucs est infaillible dans son emploi à l'égard de Voltaire, dont les démentis équivalent aux plus franches déclarations. C'est ainsi qu'il a toujours procédé à l'égard des innombrables pamphlets et libelles sortis de sa trop fertile plume, sans oublier la Piicelle et le Dictionnaire philosophique, dont la paternité n'était plus douteuse du vivant même du patriarche de Ferney, qui s'en est glorifié en maint et maint passage de sa Correspondance ^

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