La Lettre au docteur Pcm.s'ophe
JUGÉS L'UN PAR L'AUTRE 1 i7
terre, j'aurais pu vous fournir une petite réponse qui pourrait être le pendant de la lettre de M. Walpole. S'il en était encore temps, je vous enverrais mon petit écrit * que vous pourriez joindre aux autres pièces du procès... »
31 octobre. A M. Bertrand. — « Le procès de Jean- Jacques contre M. Hume est le procès de l'ingratitude contre la générosité. Jean-Jacques est un monstre. Savezvous bien que ce fou avait persuadé à ses amis que je cabalais avec vous pour le faire chasser de la Suisse? C'est le plus détestable extravagant que j'aie jamais connu. Cette dernière aventure achève de le couvrir d'opprobre. Je ne crois pas qu'il puisse vivre en Angleterre... »
3 novembre. A Damilaville. — « Vous ne me mandez point ce que pense le public de la folie et de Fingratitude de Jean-Jacques. Il semble qu'on ait trouvé de l'éloquence dans son extravagante lettre à M. Hume. Les gens de lettres ont donc aujourd'hui le goût bien faux et bien égaré ! Ne savent-ils pas que la première loi est de conformer son style à son sujet ? C'est le comble de l'impertinence d'affecter de grands mots quand il s'agit de petites choses. La lettre de Rousseau à M. Hume est aussi ridicule que le serait M. Chicaneau ^ s'il voulait s'exprimer comme Cinna et comme Auguste. On voit évidemment que ce charlatan, en écrivant sa lettre , songe à la rendre publique. L'art y parait à chaque ligne ; il est clair que c'est un ouvrage médité et destiné au public. La rage d'écrire et d'imprimer l'a saisf au point qu'il a cru que le public, enchanté de son style, lui pardonnerait sa noirceur et qu'il n'a pas hésité à ca-