Personnage de la comédie des Plaideurs
lomnier son bienfaiteur, dans l'espérance que sa fausse éloquence fera excuser son infâme procédé.
« L'enragé qu'il est m'a traité beaucoup plus mal que M. Hume ; il m'a accusé auprès de M. le prince de Conti et de M™*^ la duchesse de Luxembourg de l'avoir fait condamner à Genève et de l'avoir fait chasser de Suisse. Il le dit en Angleterre à qui veut l'entendre. Ce n'est pas qu'il le croie, mais c'est qu'il veut me rendre odieux. Et pourquoi veut-il me rendre odieux?, Parce qu'il m'a outragé, parce qu'il m'écrivit, il y a plusieurs années, des lettres insolentes et absurdes, pour toute réponse à la bonté que j'avais eue de lui offrir une maison de campagne auprès de Genève. C'est le plus méchant fou qui ait jamais existé. Un singe qui mord ceux qui lui donnent à manger est plus raisonnable et plus humain que lui.
« Comme je me trouve impliqué dans ses accusations contre M. Hume, j'ai été obligé d'écrire à cet estimable philosophe ' un détail succinct de mes bontés pour Jean- Jacques et de la singulière ingratitude dont il m'a payé. Je vous en enverrai une copie.
(c En attendant, je vous demande en grâce de faire voir à M. Dalembert ce que je vous écris. H s'est cru obligé de se justifier ^ de l'accusation intentée contre lui par Jean-Jacques d'avoir voulu se moquer de lui. L'accusation que j'essuie depuis près de deux ans est un peu plus sérieuse. Je serais un barbare si j'avais en effet persécuté Rousseau; mais je serais un sot si je ne prenais pas cette occasion de le confondre et de faire voir sans réplique qu'il est le plus méchant coquin qui ait jamais déshonoré la littérature... »