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Même lettre que ci-dessus

2. Chanoine du chapitre de Saint-Merry, prêtre singulier, qui tenait la caisse des Jansénistes, et recevait des fonds de Voltaire pour tripoter, en son lieu et place, à Paris, et entreprendre toutes sortes d'affaires véreuses.

La fine mouche se fait délivrer plein pouvoir, et, un mois après, le logement est retenu, rue Traversière.

Son oncle ne doit pas l'occuper de si tôt, qu'importe ? Gela va permettre à madame Denis d'avoir un pied-à-terre dans la capitale, de l'habiter régulièrement, pendant la saison d'hiver, et d'y mener bon trainla joie et le plaisir, au moyen d'une pension, dont on fixe le chiffre, et qu'elle parvient, avec le temps et les caresses, à faire porter au taux respectable de cent louis par mois.

Voltaire trouve parfaitement son compte à tout cela.

Cette espèce d'agence parisienne va lui permettre de cacher à la marquise et à M. du Ghâtelet de nouvelles opérations financières, très-criminelles, mais extrêmement lucratives, et dont Emilie et son époux abuseraient sans aucun doute, le jour où ils en auraient connaissance.

Il ne veut pas que les emprunts du mari, d'une part, et, de l'autre, la toilette et les écrins de madame escomptent démesurément les bénéfices qui l'attendent.

Mais, avant d'aller plus loin, il faut qu'un journal moderne, appelé le Siècle, courbe la tête et se voile la face.

Car, il y a quelques années, on n'en a pas

perdu le souvenir, — cette feuille impudente réclama

le denier du peuple pour élever une statue à Voltaire, au nom des principes de liberté et d'émancipation.

Eh bien I c'était à Voltaire négrier, que le Siècle devait décerner cet hommage public !

Oui, Voltaire, le philosophe prétendu démocrate,^ M l'irréconciliable ennemi de tous les jougs, le poëte si éloquent dans ses épîtres contre l'esclavage, Voltaire décida, un jour, dans sa conscience de gredin, qu'il* était juste et rationnel de gagner plus de six cent mille livres, en faisant la traite des nègres.

Retirant une moitié des fonds qu'il avait à la Compagnie des Indes, il les plaça dans la spéculation d'un armateur de Nantes, qui frétait des navires et les envoyait, sur le rivage d'Afrique, prendre et embarquer de fortes cargaisons de noirs, destinés à être vendus à New- York.

N'hésitant pas à joindre l'hypocrisie à cette avidité monstrueuse, il écrivait à son associé :

« Je me félicite avec vous de l'heureux succès du navire ie Congo, arrivé si à point sur la côte africaine pour soustraire à la mort tant de malheureux nègres. Je sais que les noirs, embarqués sur vos bâtiments, sont traités avec autant de douceur que d'humanité (ils étaient entassés à fond de cale comme des bestiaux), et, dans une telle circonstance, je me réjouis , d'avoir fait une bonne affaire^ en même temps qu'une bonne action. »

Qu'en dites-vous ?

Comme toujours, chacun peut remonter aux

sources.

On trouvera dans le recueil biographique de Michaud (article Raynal) la confirmation de l'histoire qu'on vient de lire.

jliberté ; ils parlent de lui décerner un hommage «public.

Allons donc !

Un pilori, soit.

Qu'on y attache le buste de Voltaire, et que la France ordonne à tous ses enfants, depuis le premier citadin de ses villes jusqu'au dernier paysan de ses hameaux, de souffleter l'ignoble image et de la couvrir de boue.

Voilà le centenaire de l'homme tel qu'il faut le comprendre et l'exécuter.

Créances entre bonnes mains. — Premiers chapitres de YEssai sur les mœurs. — Fuite en Hollande. —Instincts tyranniques de la marquise. — Elle remet son philosophe sous clé. — Le journaliste Desfontaines. — Voltaire prête aux autres l'infamie de ses vices.

Beaucoup de lettres de la même époque nous annoncent que M. de Voltaire, ami de la douceur et de l'humanité pour les esclaves, dont la vente lui rapportait de si honnêtes bénéfices, traitait comme des nègres les blancs qui hésitaient à lui payer leur dette, avec les intérêts usuraires, dont il n'était pas chiche.

« D'Hombre afaitbanqueroute.il me doit quinze cents livres, et il vient de faire un contrat avec ses créanciers, que je n'ai pas signé. Parlez à un procureur, et qu'on m'exploite ce drôle, dont je suis trèsmécontent (1). »

a Si M. de Baranne ne me rend pas les deux mille^ francs, il ne faut pas le ménager ; je vous le recom-

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