Tome I, page
un espoir de réconciliation avec la cour, donné par d'Argental, et qui n'aboutit pas.
Bien au contraire, on annonce une entrevue du procureur général avec Louis XV, au sujet de la Pucelle, entrevue qui pourrait bien amener des complications désagréables.
Donc la marquise et du Ghâtelet II s'empressent de regagner Girey, le lendemain de la représentation de cette insipide et sotte comédie de Nanine, qui ne vaut pas, dans tout son ensemble, le mot qu'elle inspira au plus malin des poètes de l'époque.
Le dernier acte venait de finir.
Voltaire avise Piron dans la coulisse, l'accoste et lui demande:
« — Que pensez-vous de Nanine ?
« — Eh I je pense, mon cher confrère, que vous voudriez bien que ce fût moi qui l'eût faite.
« — Pourquoi donc?... On n*y a pas sifflé, comme on fait toujours à vos pièces.
« — Ah! répondit Piron, peut-on siffler quand on bâille (1) ? »
Six mois après, cette même comédie était jouée, en la présence et par les soins de l'auteur, au château de Commercy, où Stanislas passait la saison d'été, et quinze jours plus tard on rentrait à Lunéviile, où eut