Tome I, pages 485 et
M. de Voltaire, éliminé honteusement, se retourne du côté de la Prusse.
Il demande quatre mille écus d'Allemagne à Frédéric, somme qui lui est indispensable, dit-il, « pour un bon carrosse de voyage, pour les frais de route nécessaires à un malade, et pour l'entretien de sa maison pendant son absence » . Il ne les demande pas en pur don au roi, fi donc ! mais en simple prêt, offrant une obligation remboursable sur le plus clair de son bien, et, cette avance faite, il s'engage à partir quatre jours après.
« Le Jupiter de Potsdam voit bien que sa vieille Danaé ne se laissera séduire que par une pluie d'or, et il envoie une lettre de change.
(( Voltaire, au lieu de partir, comme il l'a promis, demande un vorspariîi, pour qu'on lui prépare des chevaux de poste sur la route.
« — Accordé ! répond Frédéric (1). »
Mais le philosophe ne part pas encore, et, si l'on en croit Marmontel (2), le roi de Prusse résiste à une autre demande d'argent.
Il a bien consenti à donner mille louis pour défrayer sa Danaé poétique ; mais il refuse d'en faire autant pour madame Denis, qui veut acccompagner son oncle.