Tome XXXIV, pa^e
3. Voltaire, sa vie et ses œuvres, tome I, page 21. — Aml)roise Bray, éditeur, Paris, 1868. — Toutes les fois que nous citerons par la suite des extraits de ce livre, nous indiquerons seulement le volume et la page, sans répéter le titre.
SlilS HONTES, SES CRIMES, SES OEUVRES. 5
Gliâteauueuf était an de ces hommes, trop communs au dix-huitième siècle, qui portaient le nom d'abbés, sans avoir reçu les ordres, et qui, dénués de retenue et de bonnes mœurs, intriguaient sans cesse à la cour, ou chez les ministres, pour agripper quelque prébende.
On a dit avec raison que ces faux ecclésiastiques étaient la lèpre de notre Éghse nationale.
Parrain de Tenfant, Ghâteauneuf se chargea de son éducation. Il lui apprit à lire dans les Contes de La Fontaine, sur les genoux d'une vieille courtisane incrédule, Ninon de Lenclos, amie intime, d'ailleurs, de madame Arouet.
Ninon s'affola du filleul de l'abbé, et légua définitivement à son favori une bibliothèque, composée de livres impies et orduriers, annotés de sa main, sans compter mille écus qu'elle lui donna pour compléter la collection.
Ces volumes et ces notes servirent plus tard au philosophe, et contribuèrent à former sa conscience et son style.
Les Pères Jésuites avaient alors la direction du collège Louis-le-Grand.
Beaucoup moins pour arracher son fils à l'influence immorale de Ghâteauneuf et de mademoiselle de Lenclos que pour lui procurer dans l'avenir des protections puissantes, le receveur desépices le plaça,
comme pensionnaire, à l'âge de dix ans, dans ce collège aristocratique, où l'on élevait les enfants de haute noblesse et les héritiers des ducs et pairs.
Arouet y resta sept années, et y obtint de grands triomphes classiques.
On reconnut en lui une intelligence exceptionnelle, mais entachée d'une perversité inouïe et d'un dédain caractérisé pour tout ce qui tenait à l'enseignement religieux. Les Pères Tournemine, Le Jay et Forée, ses professeurs, ne devinant pas la double empreinte de scepticisme et de libertinage qu'avait reçue fatalement, dès son aurore, cet esprit vif et primesautier, se demandèrent plus d'une fois, avec épouvante, si le génie du mal avait fait élection de domicile dans le cœur et dans le cerveau de cet élève.
Nous pouvons dire de Voltaire qu'il ne connut pas l'enfance.
Jamais la candeur, ce parfum de la première jeunesse, ne s'exhala de son âme.
Tous les vices, armés de pied en cap, avaient pris possession de cette nature, et s'y retranchaieat comme dans une citadelle, défiant la vertu de leur enlever le poste, narguant religion, morale, sensibilité, nobles instincts, et les empêchant de planter l'échelle au pied du rempart.
Orgueilleux de ses succès, il fut pour les autres élèves un véritable fléau.
Si on ne lui cédait pas, en été la première place à Tombre, et en hiver le coin le plus chaud du foyer, le jeune tyran ne manquait pas de les conquérir à coups de pied et à coups de poing.
— Donne-moi ta chaise, et va-t'en I dit-il, un soir, à l'un de ses condisciples, installé devant l'âtre, ou je t'envoie te chauffer chez Pluton.
— Toi, tu te chaufferas en enfer, après la mort, riposta celui auquel s'adressait l'apostrophe; tu es bien trop méchant pour aller en paradis.
— Imbécile! je me moque du paradis, et je ne crains pas l'enfer, répondit Arouet : l'un n'est pas plus sûr que l'autre.
On voit que les Lettres philosophiques étaient en germe dans l'esprit de cet aimable enfant. .
Si nous devons à Ghâteauneuf Voltaire impie, nous lui devons également Voltaire poëte, — et poëte crapuleux.
Le vieux libertin lui enseigna l'art de versifier, et lui donna pour modèles, non-seulement les Contes de La Fontaine, mais encore une espèce d'épopée exécrable, intitulée la Moïsade^ où le saint législateur du peuple hébreu est taxé d'imposture et couvert d'opprobre.
Ce fut la première attaque risquée ouvertement, en
France, contre la religion.
L'auteur est un nomm.é Lourdet, qui, dans toute
sa vie, ne composa que cette pièce ignoble, et Ghâteauneuf se vantait d'eu avoir empoisonné la mémoire de son filleul.
— Où en est votre élève ? lui demandait, un jour, Ninon.
— 11 a maintenant un double baptême, chère amie, répoudit-il, car il sait toute la Moïsade par cœur (1).
Gomme on peut le croire, le pensionnaire du collège Louis-le-Grand ne se gênait pas pour débiter, devant ses condisciples, des tirades entières du catéchisme de son parrain.
Les maîtres en furent informés.
Il leur revint, en outre, à l'oreille quelques-unes des reparties irréligieuses de Voltaire à ses camarades.
— Malheureux ! lui dit le Père Le Jay, tu lèveras, un jour, l'étendard du déisme en France !
Duvernet, qui rapporte ce mot, ajoute que le Père Pillou, confesseur du jeune et précoceimpie,lui disait à son tour:
— Tu n'es qu'un animal de gloire ! LasoiLde la célébrité te dévore, et tous les moyens te seront bons pour y arriver (2).
D'abord on n'avait pas cru à propos de réprimer les essais poétiques du fils du receveur. Ou croyait
l. Vie de Voltaire, par Duvernet, page 13. 1. Vie de Voltaire, pages 18 et 19.
SES HOx\ïES, SES CRLMES, SES OEUVRES. 9
même devoir les encourager ; mais certaines pièces fugitives, limées dans le sens de la Moïsade, ayant été confisquées dans son pupitre, le collégien, menacé d'expulsion, fit aussitôt volte-face, et donna les premières preuves de cette hypocrisie détestable, qu'il devait porter, dans la suite, jusqu'aux extrêmes limites de la perversité.
Il cessa de jouer, en récréation, avec les autres élèves, et parut goûter vivement les entretiens pieux des Pères Tournemine et Porée.
Bien plus, il se prit à imiter et à traduire, en strophes françaises, deux odes latines, l'une au vrai Z)îew-, composée par le Père Lefèvre, et l'autre à Sainte Geneviève, due à la plume du Père Le Jay. Il tenait surtout à fléchir ce dernier, qui se montrait fort rigide, et dont la censure avait été menaçante.
L'élève hypocrite y parvint.
Non-seulement V Ode à sainte Geneviève fut traduite ; mais il la paraphrasa d'une manière touchante, appelant la sainte Sa bergère, et faisant vœu de lui consacrer tous ses écrits de l'avenir.
Fî'éron retrouva plus tard cette poésie de Voltaire réthoricien, — bonne fortune, s'il en fût, pour sa critique.
Il joua au philosophe le mauvais tour d'imprimer, en 1764, l'ode entière, comme rare et curieuse, avec un en-tête aux lecteurs, ainsi conçu :
« Si cette pièce ne donne pas une grande idée du talent de M. de Voltaire pour la poésie lyrique, on sera du moins édifié des sentiments de religion, de piété, de dévotion même, que ce grand homme y fait éclater. »
Puis il glissa sous la Strophe du vœu cette note maligne :
a Croyez-vous, monsieur, que tous vos ouvrages méritent, en effet, d'être dédiés à cette sainte ? )>
Voltaire nia, tempêta, jeta de grosses injures à l'aristarque ; mais le fait se trouvait acquis et invinciblement prouvé.
Pendant quatre ou cinq ans, Arouet fils continua cette comédie odieuse, revenant à l'irréligion après avoir joué Ja piété pour apaiser ses maîtres, et singeant le repentir et la pénitence lorsqu'il avait excité de nouveau leur mécontentement.
Si quelques-uns de ses camarades lui reprochaient alors de ne plus partager leurs jeux, il répondait :
— Ma foi, chacun saute et s'amuse à sa manière !
Tout ce qui précède explique la mention peu flatteuse, inscrite en face de son nom sur les registres du collège :
Puer ingeniosus, sed insignis nebulo.
Traduction libie :
« On ne peut pas dire que cet enfant soit un imbécile, mais c'est une franche canaille. »
Sortie du collège. — Débuts sérieux dans la poésie et dans la ' débauche.— Concours académique, — Le Bourbier. — Carrosse et chaise à porteurs. — En Hollande. — Mademoiselle Olympe j Du Noyer, dite Pimpette.
Nous croyons devoir prévenir le lecteur que, vu rinsufB.sance et le peu de richesse de la langue, il trouvera dans ce qui va suivre une répétition forcée de certains adjectifs, tels que sacrilège^ ignoble^ abject^ infâme^ monstrueux, impudique, obscène^ etc.
Le dictionnaire n'en a pas déplus expressifs, sans quoi nous en eussions fait usage.
Il y avait alors, à Paris, certain café de la Croix de Malte, hanté par les beaux es^ritsjçorrûxilEus de l'époque, et une sorte de société maçonnique anticipée qu'on nommait le Temple.
L'abbé de Ghâteauneuf, de 1704 à 1708, époque de sa mort, conduisit régulièrement son ûUeul, pen^ r dant les vacances et aux jours de congé, soit à Tun deV ces mauvais lieux, soit à l'autre.
Dans l'hypothèse où les Pères Jésuites seraient par-
12 VOLTAIilE,
venus à imprimer une direction morale à la nature vicieuse de leur élève, Châteauneuf était là pour tout bouleverser et tout détruire.
Quittant le collège, après son année de rhétorique, c'est-à-dire à l'âge de dix-sept ans, Arouet fils retrouva les portes du Temple et du café toutes grandes ouvertes. Il reçut bon accueil des Sully, des Ghaulieu, des La Fare, et d'une foule de jeunes seigneurs débauchés, qui protestaient par l'irréligion et par les plus graves désordres contre les tendances dévotes de la cour.
Le vieux Louis XTV et madame de Maintenon avaient là des censeurs aussi débraillés qu'implacables.
Un déluge de poésies antichrétiennes et de strophes licencieuses, dues à la plume d'Arouet, inonda les petits soupers de celte troupe cynique. Deux ou trois semaines suffirent à l'ex-élève des Pères jésuites pour devenir la coqueluche des plus fieffés libertins de la capitale.
Il les surpassa tous de prime-abord.
— Quel état veux-tu prendre ? avait demandé François Arouet à son fils, au sortir du collège.
— Je n'en veux pas d'autre que celui d'homme de lettres.
— Mais, répliqua le père, c*est l'état d'un homme qui veut être inutile à la société, à charge à ses
parents, et qui est sûr de mourir de faim (1).
Le receveur des épices n'était pas prophète, puisque j*"- Voltaire mourut avec deux cent mille livres de k' rente.
Il est vrai qu'il les gagna moins avec les belleslettres qu'avec Tagiotage, le dol, et certain commerce odieux, sur lequel ses admirateurs se taisent, et pour cause.
Nous n'aurons pas les mêmes raisons de garder le silence.
Sa famille essayait de le pousser à la magistrature. On ne lui donnait point d'argent, afin de le dégoûter du métier de littérateur.
Voltaire se moque de la volonté des siens, va remplir son gousset chez des usuriers, escompte la succession paternelle, et fait tous ses efforts pour se m.ettre au niveau du train que mènent ses compagnons d'orgie.
Tout en écrivant, en vers ou en prose, des pages bourrées de scandale, il traite un sujet chrétien, le Vœu de Louis XHI, proposé au concours par l'Académie française.
Furieux de ne point obtenir le imx, il compose tout aussitôt cette aimable pièce du Bourbier, qu'on peut lire à la page 115 du quatorzième volume de ses
L Tome I, page 37.
Œuvres, et que ses amis couvrirent d'applaudissements. Arouet fils y embourbe d'un trait de plume, et y fait coasser, de rime en rime, son rival heureux, avec tous les juges académiques, débutant ainsi dans le système de diffamation et d'injure, dont il ne s'écartera plus.
C'est l'argent du prix qu'il regrette, plutôt que la gloire.
Le vaniteux poë te reste souvent à court de numéraire . Malgré ses emprunts successifs, il ne peut lutter avec les jeunes nobles de sa société, et il enrage positivement de ne pas atteindre à la hauteur de leurs folles dépenses.
Ici trouvent place plusieurs anecdotes, empruntées par les historiens de sa vie à un recueil critique de l'époque, le Voltariana.
Si le personnage en cause et ses fidèles Encyclopédistes ont essayé de démentir ce recueil, la raison nous semble tout à fait insuffisante pour suspecter les détails dont on va prendre connaissance.
Voltaire avait rendu nous ne savons quel service poétique à une dame de la cour.
(( On a nommé la duchesse de Richelieu : ce ne pouvait être elle, puisque le duc, veuf à cette époque, ne s'est remarié que quinze ans plus tard, et c'est làdessus que Voltaire et ses amis se sont appuyés pour contester l'anecdote. Mais pourquoi l'anec-
dote ne serait-elle pas vraie avec une autre dame (1)? »
Donc cette personne, quelle qu'elle soit, paye généreusement le service rimé qu'on vient de lui rendre, et gratifie Voltaire d'une somme de centlouis.
L'aubaine est superbe.
Nous avons oublié de dire que le fils du receveur, humilié d'aller à pied, rêvait un équipage.
11 trouve justement sur sa route un carrosse, deux chevaux et quatre habits de livrée, qu'on met à l'enchère. L'orgueil lui monte à la tête : il vide à peu près sa bourse pour acheter le tout, prend des valets d'occasion, qui endossent la livrée, puis retourne chez la dame aux cent louis, pour lui montrer le judicieux emploi qu'il a fait de son or.
Celle-ci hausse les épaules et le tourne en ridicule.
Mais il paye d'aplomb, continue son rôle, se montre partout dans un attirail de grand seigneur, et dépense jusqu'à son dernier écu à souper en ville, avec des^ phrynés de bas étage.
— Revenez demain, je vous paierai, dit-il aux laquais, à la porte de son père.
On laisse le carosse dans la rue, et le portier met l'attelage dans une écurie étroite, près du vieux
t. Tome I, note de la page 40.
cheval de la maison, qui se formalise de l'envahissement, et distribue force ruades aux usurpateurs de sa litière.
Éveillé par le tapage, le maître du logis descend, et interroge le portier.
— D'où viennent ces chevaux ?
— Ce sont les chevaux de votre fils.
Le receveur, indigné, court à la chambre d'Arouet, pour lui enjoindre de déguerpir, à l'instant même, du domicile paternel, avec chevaux et carrosse, et de n'y plus remettre le pied.
Grand embarras. Il est trois heures du matin.
Le proxjriétaire de l'équipage ne sait pas conduire ; il accepte pour automédon le neveu du portier, qui manque lui-même totalement d'expérience. Au bout de cinq minutes, les chevaux, mal dirigés, s'emportent ; on accroche violemment une borne, la roue se brise, et le carrosse verse. Il faut éveiller un charron, qui demande trente-cinq livres et vingt- quatre heures pour réparer le dommage.
Dans l'impuissance absolue où il se trouve de payer, pendant ce laps de temps, la main-d'œuvre et la nourriture des chevaux. Voltaire se voit contraint de revendre, à moitié perte, son acquisition de la veille.
Il n'a plus en poche qu'un trentaine de louis, qu'il dissipe en débauches.
Ne sachant, au bout de quelques jours, où trouver
un gîte, attendu que la porte de la maison de son père lui reste obstinément fermée, il s'adresse au concierge du Palais, qui, le voyant en état d'ivresse, à une heure avancée de la nuit, ne lui offre ni chambre ni matelas, et l'invite à dormir dans une chaise à porteurs, laissée au milieu de la cour.
Quelques jeunes conseillers, appelés à leur bureau par une affaire matinale, jettent les yeux dans la chaise, et reconnaissent Voltaire.
Le fils du receveur dort d'un sommeil de plomb.
Une idée fantasque traverse le cerveau de nos conseillers. Tls font transporter doucement le dormeur au beau miheu du café de la Croix de Malte, où il se réveille, aux éclats de rire d'une dizaine de seigneurs, qui ont passé la nuit au jeu, et qui lui demandent pourquoi il a troqué son carrosse contre une chaise à porteurs.
L'affaire s'ébruite, ou en fait des gorges chaudes.
Arouet père, de plus en plus irrité de la conduite du jeune homme, veut à tout prix mettre fin à ces scandales.
Sachant que le marquis de Châteauneuf, frère de l'abbé, va partir pour la Hollande, en qualité d'ambassadeur, il le supplie d'emmener avec lui, comme page, ce fléau de famille, n'oubliant pas de l'investir du pouvoir de morigéner Tamateur de carrosses, et de le corriger au besoin.
Mais, une fois à La Haye, Arouet fils s'applique à déjouer autant que possible la surveillance de Tambassadeur.
Il s'encanaille avec des réfngiés, Français, bauqueroutiers, faussaires ou autres, échappés à la justice parisienne, et surtout avec une intrigante de premier ordre, appelée madame du Noyer.
Celle-ci accueille le jeune poëte à bras ouverts.
Elle vante son esprit, l'admet dans son intimité la plus large, et ferme d'abord les yeux sur les relations qui s'établissent entre sa fille Olympe'et le page libertin ; mais cette mère intelligente les ouvre ensuite, et va tout révéler à l'ambassadeur, espérant tirer pied ou aile de sa plainte, sinon pour se débarrasser par un mariage d'une jeune personne décriée, qui n*en est pas à son coup d'essai, du moins pour obtenir un dédommagement quelconque, ou faire de l'esclandre.
Mademoiselle Olympe Du Noyer n'est rien autre que cette fameuse Pimpette,si prônée dans les œuvres du philosophe, et qui le trahit bientôt, comme firent, du reste, plus tard toutes ses autres maîtresses, tant elles étaient, malgré le relâchement de leur propre conduite, scandalisées de son cynisme et révoltées de son manque de cœur.
Pour comprendre la colère de Châteauneuf , lorsqu'il apprit les amours de son page, il faut dire que madame Du Noyer mère était un bas-bleu, qui s'escri-
mait de la plume vaille que vaille ; elle travaillait à un journal satirique, publié à La Haye.
Ce journal s'appelait la Quintessence ^ et ne manquait pas de lecteurs.
En lançant des lardons à l'ambassade, à propos d'une amourette, la feuille moqueuse pouvait intervenir le plus malencontreusement du monde dans les affaires négociées par Ghâteauneuf, et brouiller de nouveau la Hollande et Versailles, au moment où l'on jetait les premières bases du traité d'Utrecht.
« La passion religieuse et la vengeance protestante avaient joué un grand rôle dans les guerres qui suivirent la révocation del'édit de Nantes (1). »
Or madame Du Noyer, huguenote de naissance, et soi-disant convertie au catholicisme, à l'époque de son mariage, avait jugé convenable de rompre le lien conjugal, de dévaliser son époux avant de prendre la fuite, et de chercher refuge en Hollande, où elle revint à la religion protestante, afin de se mettre à l'abri des poursuites.
Acceptant le calvinisme, elle avait droit, à La Haye, à des protections sérieuses.
Gomme surcroît de zèle, l'honnête femme eut soin de faire abjurer sa fille, née catholique, et au nombre des griefs qui motivaient sa plainte à Ghateau-