‹ Voltaire FinancierChapitre 10 sur 108 · LES · texte numérisé non relu

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petite fortune, qui semblait se présenter, mais qui s’est enfuie bien vite dès qu'il l’a cru tenir 1.

Les bontés de la jeune reine lui laissent bientôt espérer un sort plus doux, malgré cela il se plaint encore de sa vie de cour et écrit à son ami Thieriot : « J'ai été ici très « bien reçu de la reine. Elle a pleuré à Mariamne, elle à « ri à l’Indiscret, elle me parle souvent : elle m'appelle « mon pauvre Voltaire. Un soi se contenterait de tout « cela; mais malheureusement j'ai pensé assez solidement « pour sentir que de louanges sont peu de chose, et que « le rôle d’un poète à la cour traîne toujours avec lui un « peu de ridicule, et qu’il n’est pas permis d'être en ce « pays-ci sans aucun établissement ? ».

Une pension de la reine suffit pour lui donner plus de confiance en l’avenir et c’est sur un ton de triomphe qu’il en fait part à madame de Bernières : « La reine vient de « me donner sur sa Cassette, une pension de quinze cents « livres, que je ne demandais pas : c'est un achemine- « ment pour obtenir les choses que je demande. Je suis « très bien avec le second premier ministre M. Duverney « (Pâris).… Je ne me plains plus de la vie de la cour : je « commence à avoir des espérances raisonnables d'y pou- « voir être quelquefois utile à mes amis 3 ». Le brevet de cette pension est du 14 novembre 1785 et dit que la reine voulant gratifier Voltaire et lui donner moyen de subve-

1. Lettre à la présidente de Bernières, du 8 octobre 1725, Moland, tome XXXIII, p. 149.

2..Lettre à Thieriot du 17 octobre 1725, ibid, tome XXXIII, p. 158.

3. Lettre à Madame de Bernières du 13 novembre 1725, éd. ibid., tome XXXIII, p. 1953.

nir aux dépenses qu'il fait à la cour lui accorde une pension annuelle de quinze cents livres payable à partir du premier novembre 1725 sur les fonds de sa cassette 1.

Cette pension lui fut assez régulièrement payée jusqu'à son départ pour l'Angleterre et après son retour on lui en versa les arrérages et il continua longtemps encore à en jouir. Dans la Correspondance Voltaire en parle pour la dernière fois dans une lettre à Moussinot du 14 septembre 17372, mais il est probable que par la suite cette pension lui fut payée encore longtemps.

Etat de la fortune’ de Voltaire avant les héritages. — A l’époque où son père vivait encore, Voltaire s'était constitué une petite fortune qu'il avait confié, en dépôt à son père, probablement pour lui inspirer plus de confiance dans ses aptitudes à gérer une fortune. Gette fortune, d’après l'inventaire du 20 janvier 1722, consistait en trois actions de la Compagnie des Indes et en cinq billets de banque de mille francs chacun. M. Arouet lui avait souscrit en échange une reconnaissance que Voltaire n'eut qu'à produire à la mort de son père pour rentrer en possession de ses valeurs 3.

Nous savons aussi qu’en 1723, il se fit de ses économies une rente viagère de près de deux mille francs, dont Duvernet dit avoir vu le contrat 4,

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