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au nombre de trente et représentent une somme de plus de vingt-huit mille francs 1. :
Les contemporains de Voltaire se sont souvent demandé à combien s’élevaient les revenus du seigneur de Ferneÿ. L. Nicolardot a soigneusement rassemblé toutes les données : D'après la Correspondance littéraire de La Harpe (T. I, p. 61) Voltaire a cent quarante mille livres de rente, au dire de Duvernet (p. 249); cent cinquante mille suivant les mémoires de Bachaumont, du 22 décembre 1774; suivant Wagnière (p. 24) le patriarche a cent soixante mille livres de rente.
Le 10 novembre 1761, le président de Brosses disait à M. de Farges qu'il tenait du marquis de Ximenez, que Voltaire avait cent mille livres de rente. En mars 1765, Grimm assurait dans sa Correspondance littéraire que Voltaire jouissait déjà de plus de cent mille livres de rente, lorsqu'il alla s'établir près de Genève. En avril 1768 Collé voulut connaître la vérité et Delaleu, le notaire de Voltaire, lui assura que son client avait quatre-vingt mille livres de rente viagère, quarante mille de rente en biensfonds et un portefeuille de 600.000 livres 2.
Pour en venir aux témoignages de Voltaire le 27 mars 1759, il mandaïit au roi de Prusse qu'il avait en France soixante mille livres de rente. Le 30 janvier 1761, il écrivait à d'Argental qu'il en avait quarante-cinq mille dans les pays étrangers. L'état authentique de 1775 (ou 1771)
1. L. Nicolardot, Ménage et finances de Voltaire, p. 61, 62. 2, L. Nicolardot, Ménage et finances de Voltaire, p. 57, 58.
accuse 177.000 livres de rentes outre 225.000 livres de rentrées attendues.
En définitive, il n’est pas possible d'établir le chiffre exact des revenus de Voltaire, mais nous ne nous trompe- -rons pas de beaucoup en présumant qu'en 1778 Voltaire jouissait de deux cents mille livres de rente par an.
Ce chiffre donne une idée dé la situation pécuniaire de Voltaire à Ferney et de son influence européenne, car sa fortune était, comme le remarque M. D' Paul Sakmann, à côté de sa plume une arme de grande importance.
Les dépenses du seigneur de Ferney n'étaient pas très considérables malgré que sa maison était tenue sur un pied de large confort.
Ordinairement Voltaire avait chez lui deux ou trois
personnes qui venaient de Paris pour le voir et passer chez lui un mois ou six semaines et lorsqu'elles partaient,
leur place était bientôt remplie de nouveau si bien qu'avec les gens de la maison et les amis de Genève c'était une compagnie de douze à quatorze personnes qui dinaient chaque jour à la table du patriarche 1.
Voltaire avait un bon cuisinier et deux services de cinq domestiques dont trois étaient en livrée?. En comptant les domestiques de campagne Voltaire avait régulièrement soixantes personnes à nourrir 3 et douze chevaux 4.