André Bellessort. Essai sur Voltaire, p. 52 à
le débit de son livre; il s'était assuré la protection de la cour; avait prié Swift d'user de son crédit en Irlande pour procurer dans ce pays quelques souscripteurs à la Henriade 1, et même avait imaginé une réclame d’un nouveau genre : une bruyante querelle avec son éditeur, Prévost, au moment où la vente baissait. Dans cette querelle tous deux en appelèrent à l'opinion publique?. Gette grande édition de la Henriade se vendait une guinée, payée d'avance.
Une nouvelle édition in-4° avec vignettes, et deux autres in-8° 3%, furent rapidement épuisées #.
L'une de ces petites éditions était faite par Coderec, iibraire qui avait aidé Voltaire à imprimer sa grande édition, et c'est probablement pour le récompenser que l’auteur lui donne « entière permission de faire une édition « de la Henriade, pour son profit sans aucun avantage « pour moi, ajoute-t-il, et de la débiter en Angleterre « nonobstant mon privilège, me réservant uniquement la « liberté de faire tel marché que je jugerai à propos à « l'égard de ma grande édition et de mes planches, de- « mandant uniquement au Sr. Coderec que sa petite édi- « tion ne paraisse qu'après que les souscripteurs auront « mon livre » 5.
1, Lettre à Swift, du 14 décembre 1727, éd. Moland, tome XXXIIT, p. 1%.