‹ Voltaire FinancierChapitre 25 sur 108 · G. Desnoiresterres. La jeunesse de Voltaire, p · texte numérisé non relu

G. Desnoiresterres. La jeunesse de Voltaire, p

« Cueil qu’on fait au Brutus de l’ancienne Rome. Il vien- « dra peut-être un temps où on lui rendra justice » 1. Pour faciliter le commerce de blés de Dumoulin, Voltaire lui avait prêté 3.700 livres. Dumoulin, qui avait la gestion du gros de la fortune de Voltaire, employait tout cet argent dans ses propres transactions. Voltaire s'en aperçut et résolut de changer d'homme d'affaires; son choix tomba sur l'abbé Moussinot, dont nous allons parler plus loin. Au mois d'avril 1736 notre poète demanda à Dumoulin le compte de sa gestion, laquelle avait duré plusieurs années. Ce compte prouva que Dumoulin lui devait la somme de 23.700 livres, pour le paiement de laquelle il avait délégué par un acte passé le 17 mai 1736 devant M. Ballot et son confrère, notaires à Paris, 23.700 livres à toucher sur douze différents particuliers, ses débiteurs. Voltaire fut obligé encore de payer le 18 avril, 379 livres pour amener Dumoulin à lui rendre le compte demandé et à lui remettre tous les papiers. « .… mais ledit Dumoulin, « par un abus criminel de la confiance et de bonne foi du « plaignant, a retenu par devers lui la partie la plus im- « portante des papiers du plaignant pour en abuser. et « dit qu'il ne rendrait pas lesdits papiers au plaignant et « s'en servirait pour le perdre d'honneur et de fortune et « pour lui faire intenter un procès criminel... ». Il déclarait qu’il ne rendrait à Voltaire les papiers en question qu'à condition que celui-ci ne prît pour le paiement total de la somme de 23.700 livres, que 3.000 livres payables en trois années par tiers et il menaçait en cas de refus de

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