G. Desnoiresterres, Voltaire au château de Cirey, p
lez bien être médiateur au lieu de juge, je vous supplie très-instamment de ne me pas condamner par l'arbitrage à une somme que certainement aucun jugement ne me ferait jamais payer. Il ne faut pas être grand jurisconsulte pour savoir qu'un créancier sans titre, et auquel on oppose des écrits valant quittance, n’a rien à demander. M. Rouillé, qui vous a dit que j'avais offert mille francs pour acheter le silence de ce misérable et pour éviter un procès ridicule, n’a pas été bien informé. M. Lenormand, qui sait bien que je gagnerais en justice avec dépens, m'avait conseillé d'acheter la paix avec cinquante pistoles. Mais pour mille francs, il n’en a jamais été question, et je vous jure que je n’ai ni le pouvoir ni la volonté de les donner.
« Je vous prie de considérer que, si j'étais obligé de payer cent pistoles à cet homme, c’est tout au plus ce que vaut l'édition; il paraîtrait donc qu’en effet je ne l'avais point payé.
« Il est très certain que le nom de monsieur le garde
des sceaux est compromis dans cette lettre, que ce misé-
rable veut absolument imprimer malgré vous;
« Il ne tient qu'à vous, monsieur, d’user de votre autorité, d'empêcher les imprimeurs d'imprimer son libelle et la lettre, et de le pincer pour avoir osé s'’avouer dans son exploit imprimeur d'un livre défendu » 1, et le 15
juin 1786 il écrivait au même : « M. Lenormand condam-
ne bien fort le procédé d’un sieur Bayle, avocat, qui