‹ Voltaire FinancierChapitre 31 sur 108 · XX LV D · texte numérisé non relu

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« soutient Jore contre nous. Si vous parliez un peu au « sieur Bayle, je suis persuadé qu'il n'oserait plus se « mêler d'une affaire si odieuse, qui a été refusée par

« quatre avocais. »

Ces lettres si habiles et-ses protecteurs firent que malgré tous ses efforts et malgré son factum. Jore dut se soumettre à la proposition qu'on lui faisait de lui donner mille livres. Mais lorsqu'il se présenta pour toucher cet argent, le lieutenant de police lui annonça qu’un jugement rendu par M. de Maurepas condamnait Voltaire à cinq cents livres d’aumônes.

Jore se soumit et on lui renouvela la promesse qu'il serait rétabli dans sa maîtrise 1, ce qui ne devait pas avoir lieu. Voltaire eut beau protester contre cette aumône obligatoire, il dut payer : « M. Hérault, ayant retiré la lettre « en question des mains de Jore, écrit-il le 1* juillet 1736 « au Garde des Sceaux, et lui ayant fait signer un désis- « tement, veut que je donne cinq cents livres aux pauvres. « Je passe dans Paris pour être condamné à l’aumône, « ainsi je suis déshonoré. Sans gagner mon procès, je vous « demande en grâce, monseigneur; que, si on m'a rendu « justice je ne l’achète point, et que si on m'a fait une « faveur qu'on me la fasse entière. On a déjà fait des « chansons et des calottes sur cette prétendue aumône. J'aimerais mille fois mieux plaider que de la payer ». Cette sentence équivoque déboute le libraire en éclaboussant l'écrivain, écrit M. G. Lanson ?.

1. Lettre de Jore au lieutenant-général de police, 1738, éd. Moland, tome XXXIV, p. 419.

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