‹ Voltaire FinancierChapitre 38 sur 108 · G. Lanson. Voltaire, p · texte numérisé non relu

G. Lanson. Voltaire, p

4. Lettre au comie d'Argental, mai 1749, éd. Moland, tome: XXXVII, mp. 20,

sa charge de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi tout en conservant le titre et les honneurs. La vente de cette charge lui valut trente mille francs 1.

Placements et prêts. — Tout cet argent que Voltaire tirait de ses pensions, fournitures, gains sur le change et de ses spéculations, il cherchait à le placer en billets et surtout en rentes viagères. En attendant les bonnes occasions, il plaçait de fortes sommes pour trois ou six mois, chez des financiers dont la fortune, la probité et la position lui inspiraient une grande confiance, ou bien il permettait à Moussinot d'acheter des tableaux et de prendre part aux ventes aux enchères pour revendre avec profit.

Grâce à ce système, Voltaire put en tout temps suivre le cours des billets et saisir toutes les bonnes occasions en ayant des fonds disponibles et sans cesser de toucher un intérêt, qui était d'habitude de 5 % pour les prêts.

Voltaire est infatigable à rechercher des emprunteurs sûrs et à multiplier les précautions aussi bien par intérêt que par amour-propre, surtout pour ne pas se laisser jouer.

Le 18 mars 1737, il écrit à Moussinot : « Je suis dans une « situation à avoir toujours besoin d’une somme considé- « rable que je puisse trouver sous ma main... Votre agent « de change peut vous informer de l'emploi le plus sûr « de l'argent. Je crois que les billets des fermiers géné- « raux sont à six pour cent, et que c’est ce qu'il y a de « meilleur, et qu'on peut retirer son fonds tous les six

1. Longchamp et Wagnière, Mémoires sur Voltaire, Mémoires de S. IG. Longchamp, tome 1, p. 291 et 292.

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« mois »,; le 30 du même mois il lui écrit que s’il est faux que les billets des fermiers soient à sept pour cent, alors il n’a qu'à mettre la moitié de tout l'argent comptant entre les mains de ce M. Michel, dont il connaît la fortune et la probité, le tout pour le plus court temps qu'on pourra à cinq pour cent.

Le 17 novembre 1737, Voltaire écrit à Moussinot de voir si l’on ne pourrait pas placer vingt mille livres en rentes viagères. Le 28 décembre de la même année il renouvelle sa question. L'auteur de La Henriade avait à cette époque beaucoup d'argent disponible, et écrit le 10 janvier à Moussinot qu'on pourrait placer trente mille livres chez M. de Brézé, car on serait payé aisément et régulièrement sur les maisons que celui-ci avait à Paris. « Pour « cela, si M. de Brézé est solide, il faut prendre vingt-cinq « mille francs chez M. Michel, et on pourra encore ache- « ter pour cinquante mille livres la terre de Spoix si on « la vend pour ce prix ».

Voltaire ne prêta pas à M. de Brézé, car il trouva à placer vingt mille livres en rentes viagères et laissa environ vingt mille livres dans la caisse de l’intendant Michel à cinq pour cent, mais il demanda à celui-ci sa parole que s’il arrivait une affaire urgente il rendrait cet argent avant l'échéance « car il faut savoir toujours où prendre « de l'argent ». Il écrit aussi que si Michel n'accepte pas cette condition on pourra prêter à un monsieur Paquier ou à Michel pour les délais de trois mois 1. Le 19

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