L. Foulet. Correspondance de Voltaire, mp. 302 et
&. Lettre à de Formont, 8 septembre 1731, éd. Moland, tome XXXIII, p. 230.
Dans une lettre à Cideville, du 29 mai 1723, Voltaire propose à Jore d'imprimer sept cent cinquante exemplaires de Charles XII et de lui en donner pour sa peine deux cent cinquante.
Au mois de janvier 1732, il écrit à Moncrif : « … il « vient de m'arriver un ballot d'exemplaires de La Hen- « riade; c'est une nouvelle édition in-octavo avec beau- « Coup de changements, une préface assez considérable « et des notes. Je ferai travailler aussi à une autre édi- « tion in quarto, ornée de planches : mon dessein est de « faire délivrer l’une et l'autre aux souscripteurs, sans « qu’il leur en coûte rien, afin die les dédommager d’avoir « attendu si longtemps... »
On avait accusé Voltaire d'avoir fait imprimer les Lettres philosophiques en Angleterre et d'avoir trompé le libraire avec qui il avait négocié cette édition.
C'est ce qui lui fait écrire au mois de septembre 1735 à son ami Berger : « Qu'on m'aitaque comme auteur, je « me fais; mais qu'on veuille me faire passer pour un « malhonnête homime, cette horreur m'arrache des lar- « Ines. »
Voltaire avait abandonné le profit de cette édition à Thieriot 1, ce qui me rapporta à son ami pas plus de cent louis suivant une lettre de Voltaire à Thieriot du 5 août 1733, et deux cents guinées suivant Mr° de Champbonin ?.
1. Lettre à Thieriot, 24 février 1733, éd. Moland tome XXXIIT, page 326.
2. Longchamp et Wagnière. Mémoires sur Voltaire, tome II, p. 439. Lettre de Madame de Champboinin à Thieriot, du 16 janvier 1739.
Le 13 octobre 1735, Voltaire écrit à Thieriot : « Faites « faire cette édition (de Jules César), que le libraire donne « un peu d'argent et quelques livres, à votre choix : l'ar- « gent sera pour vous, et les livres pour moi. Seulement, « je voudrais que le pauvre abbé de Lamare pût avoir « de cette affaire une légère gratification, que vous régle- « rez. Il est dans un triste état ».
Nous savons aussi par une lettre de Voltaire à Thieriot, qui est de 1736, que l'éditeur d'AZzire et de Zaïre, la Bauche, avait refusé tous les accommodements avantageux que lui avait, au nom de Voltaire, proposés le frère de Thieriot.
Voltaire la fait condamner aux conseils à la suite de quoi elle lui paye et demande publiquement pardon. L’auteur ajoute qu'il lui aurait abandonné cet argent si elle avait voulu « entendre raison ».
Le 18 septembre 1736, Voltaire écrit à Berger qu'il a donné La Henriade à Prault à condition que celui-ci lui donne soixante-douze exemplaires magnifiquement reliés et dorés sur tranche et qu’il lui vende une centaine d'exemplaires ‘en feuilles au prix coûtant avec un petit bénéfice. Prault écrit dans sa lettre à madame de Champbonin du 24 janvier 1739 1, que Voltaire abandonna le produit de cettè édition à Lamare à qui il a fait présent de la Mort de César. Dans la même lettre, Prault avoue qu'il a reçu de Voltaire la permission d'imprimer ses tragédies d'Œdipe, de Mariamne, de Brutus et l'Enfant prodigue.
1. Lettre de Prault à Madame de Champbonin, 24 janvier 1739 éd. Moland, tome XXXV, p. 155. RTE
Le 12 décembre 1736, Voltaire écrivait à Berger, au sujet de cette dernière pièce : « Je fais partir, par cet ordinaire, « la pièce (l'Enfant prodigue) et la préface, pour être im- « primées par le libraire qui en offrira davantage, car je « ne veux faire plaisir à aucun de ces messieurs, qui sont, « comme les comédiens, créés par les auteurs, et très « ingrats envers les créateurs. Ainsi, négociez avec le « libraire le moins fripon et le moins ignorant que faire « se pourra », et le 25 février 1737 à d’Argental : « Si cet « enfant a gagné sa vie, je vous prie de faire en sorte que « son pécule me soit envoyé tous frais faits. C'est une « bagatelle, mais il m'est arrivé encore de nouveaux « désastres. »
L'Enfant prodigue, approuvé par le censeur, avait été proposé à Prault pour douze cents livres, dont six cents comptant et six cents après l'impression: 1, prix considérable pour l’époque. Malgré cela Prault écrit dans une lettre à M de Champbonin : « J'ai imprimé l'Enfant « prodigue : celui qui fut chargé d'en faire le marché « m'en demanda un prix si honnête, que bien loin de « contester avec lui, je lui ai donné cent francs au-dessus « du prix qu'il m'avait demandé ». Ce passage prouve que ou bien Voltaire avait baissé le prix ou bien la lettre de Prault? était écrite spécialement comme preuve de la générosité de Voltaire; cette dernière hypothèse est la plus probable, car une lettre à l’abbé Moussinot du 10