‹ Voltaire FinancierChapitre 46 sur 108 · Lettre à Moussinot, 14 septembre 1737, 6d. Mbland, tome · texte numérisé non relu

Lettre à Moussinot, 14 septembre 1737, 6d. Mbland, tome

2. Lettre de Prault à Madame de Champbonin, 24 janvier 1739, éd. Moland, tome XXXV, p. 135.

janvier 1738 prouve que Voltaire avait un compte avec Prault et que le libraire le payait en lui envoyant des. livres. Il semble que les envois furent si considérables qu'en peu de temps il se trouva que c'était Voltaire qui. devait de l'argent à Prault 1.

Le 12 janvier 1740, Voltaire charge Moussinot de donner cinq cents livres à Prault, si celui-ci est dans le besoin et s’il est vrai qu'on lui a saisi le programme de l'Histoire du Siècle de Louis XIV.

Voltaire fit présent à un libraire de Hollande de ses. Eléments de la Philosophie de Newton?, Prault raconte dans une-lettre du 24 janvier 17393 qu'on avait fait à Londres une édition des œuvres de Voltaire sans la permission de l’auteur, mais l'éditeur avant de la faire paraître avait cru devoir se soumettre aux corrections de l'auteur. |

Pour le récompenser, celui-ci avait acheté cent cinquante exemplaires afin d'en faire des présents à Paris; une lettre du 7 novembre 1742 nous apprend que Voltaire donne à César Missy le droit d'imprimer Mahomet en lui demandant seulement une douzaine d'exemplaires pour ses amis; le 1” juin 1744 Voltaire propose à Jacob Vernet de faire faire une bonne édition de ses ouvrages et assure que le libraire qui s'en chargera n'aura pas de droits.

1. Lettre à Moussinot, 7 mars 1739, éd. Moland, tome XaaV, p. 202.

2. Lettre à Thieriot, 11 mai 1738, éd. Moland, tome XXXIV, p. 474. é

3. Lettre de Prault à Madame de Champbonin, 2% janvier 1739, éd. Moland, tome XXXV, p. 135. ;

d'auteur à payer; Voltaire promet en outre de lui acheter trois ou quatre cents exemplaires à un prix convenu. La même proposition est faite le 15 juin 1747 à G.-C. Walther, libraire à Dresde, qui accepte. Pour marquer sa gratitude, Walther voulait offrir un service de Saxe à Voltaire: celui-ci refuse d'accepter mais déclare qu’il acceptera avec plaisir quelques exemplaires de son édition.

Voltäire faisait souvent don de ses droits d'auteur à ses amis. Ainsi, il offrira la Princesse de Navarre à Rameau 1, les Triumovirs ?, Adélaïde du Gesclin 3 et les Guëbres à Lekain; l'Orphelin de la Chine à Collini 4.

Mais il n'aimait pas faire des présents trop coûteux de : ses œuvres, surtout à des personnes fort riches. Ainsi il écrit le 20 avril 1744 à Podewils, ministre de Frédéric II, qui lui avait demandé pour son maître et pour lui deux copies de l'Abrégé de l'histoire universelle : « il faut « pour transcrire ce long ouvrage un écrivain (entendez un « copiste) qui travaille plus de quatre mois, ou deux écri- « vains qui travaillent chacun deux mois, et que je fasse « venir de Paris. Il n’y en a point qui veuille venir à la « campagne à moins de deux florins de Hollande par jour, « leur voyage payé. C’est une petite dépense d'environ 200

1. Lettre à Berger (directeur de l'Opéra), 13 juin 1746, éd. Moland, tome XXXVI, p. 456.

2, Jean-Jacques Olivier. Voltaire et les comédiens interprètes de son théâtre, Paris 1900, p. 227, 228.

3. F. Caussy. Lettres inédites de Voltaire à Lekaïin. Mercure de France, 1909.

L. Côme Alexandre Coilini. Mon séjour auprès de Voltaire et lettres inédites que m'écrivait cet homme célèbre jusqu'à la dernière année de sa vie. Paris, 1807, p. 153 ct 164.

« florins en comptant leur salaire, leur voyage et leur re- « tour. Si Son Altesse Royale veut bien entrer dans cette « dépense elle me fera plaisir, mes affaires étant fort dé- « rangées par les banqueroutes que j'ai essuyées 1 ».

Nous ne savons pas combien rapportèrent à Voltaire les représentations de ses pièces, mais c'était probablement peu de chose, Au mois de mars 1732, Voltaire écrit à Moucrif qu’il a abandonné le produit des représentations d’Eriphyle aux comédiens, car son véritable intérêt est celui de la réputation; A/zire donna une recette totale de; 53.640 livres, chiffre peu commun à cette époque. Le Mercure de mars 1736 assure que Voltaire, pour marquer aux comédiens sa satisfaction et les récompenser, leur abandonna tous les profits des représentations suivantes ?; le 10 octobre 1736, il donna la comédie l'Enfant prodigue, dont il laissa le profit à Lamare et à Linant 3.

Nous sommes même porté à croire que les représentations de ses pièces lui ont coûté et non rapporté de l'argent.

Collé nous dit que Voltaire avait distribué quatre cents billets pour la première représentation de Semiramis; il en avait donné à ses nièces et à toutes les femmes de sa connaissance, afin d’être assuré des deux tiers du parterre et des loges; par ce moyen, il triornpha des cabales, mais le succès de Semiramis lui coûta huit cents livres de son

1. Fernand Caussy. Lettres secrètes de Voltaire. La Grande Revue, 1911 (janvier-février).

8. G. Desnoiresterres. Voltaire au château de Cirey, p.84, 85.

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